Les utilisateurs de l'autopartage ne partagent pas que des voitures. Ils ont aussi un problème en commun : la difficulté à trouver un véhicule disponible aux heures de pointe, particulièrement dans les endroits très fréquentés, comme les abords de gares. Une fois utilisés, les véhicules sont éparpillés aux quatre coins de nos villes, et les opérateurs peinent à les rapatrier en temps réel aux points de passage importants.
Pour résoudre ce problème, la start-up lyonnaise Metacar a développé les Kiwee, des quadricycles électriques qui s'emboîtent les uns aux autres, à la manière de caddies de supermarché. Cette technologie permet à un unique agent de déplacer dix véhicules en une seule fois, contrairement aux véhicules classiques, qui doivent être rapatriés un par un aux points de passage.
Metacar vise ainsi une rotation de 12 locations par jour et par véhicule, contre 3 à 4 pour l’autopartage classique. « En rapatriant plus efficacement les véhicules, nous sommes en mesure de garantir que les usagers trouvent des Kiwee là où ils en ont besoin », explique Valéry Cervantes, Chief Operating Officer (COO) au sein de Metacar.
Le convoi de 10 Kiwee peut être rechargé d'un seul bloc à partir d’une seule borne de recharge, placée en tête de file, qui délivre 3 kW. Le courant ne va qu’à une voiture à la fois, selon un algorithme tenant compte de l’ordre dans la file et de l’état de charge.
Metacar ambitionne de mieux desservir les territoires périurbains. Globalement, les ceintures urbaines restent dans l'angle mort des solutions d'autopartage, notamment en raison de la difficulté à rapatrier les véhicules dans le périurbain, une fois qu’un usager l’a garé en centre-ville. « Grâce à notre solution, il sera possible de redistribuer les Kiwee dans le périurbain en flux tendu », projette le COO de Metacar.
Le petit quadricycle sans permis compte aussi se développer dans les territoires ruraux, où les transports publics manquent. Le concept est alors différent de l'autopartage : les usagers formulent leur besoin de mobilité à l'opérateur. Le lendemain, un convoi de Kiwee dépose les véhicules directement chez l'usager, à la façon de la tournée du postier ou du livreur de colis. L'entreprise estime le coût par véhicule pour une collectivité à 14 200 euros par an.
Pour alléger la facture, l'entreprise explore aussi la piste de la mutualisation des usages. « Pourquoi ne pas imaginer un convoi de Kiwee tracté par un camion réfrigéré qui profiterait de cette tournée pour déposer les repas dans les Ehpad », développe Valéry Cervantes. La Kiwee se veut aussi inclusive que possible : il n'est pas nécessaire d'avoir le permis B pour la conduire.
En octobre dernier, la start-up a décroché la deuxième place au forum EVER Monaco, un événement annuel sur la mobilité durable et les énergies renouvelables. En cours d'homologation dans la catégorie L6e, ce petit véhicule à l'allure atypique pourrait bien débarquer dans une dizaine de collectivités d'ici un an ou deux. À Meyzieu, dans la banlieue lyonnaise, et dans le Genevois français (Haute-Savoie), deux expérimentations sont prévues au deuxième semestre 2027.
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