« L'objet parle de lui-même. » Pour Denis Baulier, l'inventeur de la Scaramobile, pas besoin de mots pour décrire la voiture du futur qu'il a conçue. Avec son allure de coléoptère et ses portes-papillon, le véhicule vert sauge est recouvert de 6m2 de panneaux solaires qui s'orientent de manière à suivre la course du soleil grâce à un système de vérins hydrauliques.
Dans son atelier de Penvénan (Côtes d'Armor), l'ancien agriculteur breton a passé 12 000 heures à imaginer et à concevoir ce véhicule électrique qui roule grâce à l'énergie solaire. L'idée est partie en 2020 d'une discussion entre amis partageant le même désir d'arrêter de rouler en thermique et de trouver une autre voie.
L'énergie solaire, l'avenir des vélis et de la micro-mobilité ?
« Dès le premier trait de crayon, j'ai imaginé ce véhicule pour qu'il fonctionne à l'énergie solaire », se rappelle Denis Baulier. S'ensuivent alors plusieurs années de travail : une maquette en argile puis en bois. Des centaines d'heures de conception assistée par ordinateur, afin de passer à la fabrication du prototype.
Six ans plus tard, le prototype prend la route. À l'été 2026, Denis Baulier rallie Rennes depuis les Côtes d'Armor pour se rendre au 4e salon national des vélis. Ce premier essai est plus que réussi : la Scaramobile atteint 140 km d'autonomie et une vitesse de pointe de 90 km/h, un résultat impressionnant par rapport aux 75 km d'autonomie d'une Citroën Ami.
Sur la route de Rennes, Denis Baulier profite d'une pause face à la mer tandis que son véhicule recharge au soleil. ©Scaramobile La Scaramobile n’est pas une voiture au sens réglementaire : elle relève de la catégorie L7 (quadricycle lourd), avec jusqu’à trois places et un habitacle modulable. À titre de comparaison, la Citroën Ami relève de la catégorie L6e, qui regroupe des véhicules moins lourds que la catégorie L7
Lauréat du concours eXtrême Défi de l'Ademe, qui vise à faire émerger une nouvelle génération de petits véhicules électriques légers, le projet de Scaramobile a bénéficié de 140 000 euros de subventions publiques.
Une conduite intérieure en bois et en tweed
L'obsession de l'inventeur breton : aider les gens à passer à une mobilité plus sobre, sans renoncer au confort et au plaisir de conduire. Dans l'habitacle, pas de plastique. L'intérieur de la Scaramobile est fait de bois et d'élégants tissus de tweed : « des matières qui valorisent le conducteur », relève Denis Baulier.
Pas de volant non plus. Ce dernier est remplacé par deux manettes, l'une pour la vitesse et l'autre pour la direction, situées de part et d'autre du conducteur. « Sans volant, le champ de vision est dégagé, et le conducteur est en position semi-allongée : cela procure un vrai plaisir de conduite écologique », s'enthousiasme Denis Baulier. Sous les manettes se cachent les trois batteries qui stockent l'énergie solaire. En cas de temps couvert, le véhicule dispose aussi d'une prise pour se recharger sur le réseau électrique.
La Scaramobile, devant la place de la Concorde. ©Scaramobile Deux nouveaux prototypes à l'étude
Pour l'inventeur de la Scaramobile, ce premier prototype n’est qu’une étape. Deux autres prototypes sont désormais à l'étude, avec un enjeu central : « travailler à l'allégement de la Scaramobile pour gagner en autonomie et en vitesse », explique-t-il.
Denis Baulier rêve ensuite de pouvoir commercialiser son invention. Mais sans le soutien d'un groupe industriel, le Breton compte sur l'intérêt du grand public. « L'idée, c'est que les gens intéressés par l'acquisition d'une Scaramobile financent la phase d'industrialisation ». Si c'est votre cas, vous pouvez d'ores et déjà manifester votre intérêt sur le site web de la Scaramobile pour continuer à faire vivre cette belle aventure !