Recharge électrique : ces stations qui fonctionnent en circuit court grâce au vent et au soleil
Dans l’Oise et en Isère, deux stations de recharge déployées fin 2025 proposent un modèle encore inédit en France : l'électricité qui alimente les véhicules est produite sur place, grâce à des éoliennes ou des panneaux solaires. Résultat ? Un modèle plus cohérent sur le plan écologique et des tarifs plus doux pour les automobilistes.

Quand vous branchez votre voiture électrique sur une borne de recharge publique,
Dans l’Oise, des bornes alimentées directement par cinq éoliennes
Chez Yaway – réseau de recharge porté par le producteur d’énergies renouvelables Kallista Energy – l’idée est née d’une exigence de cohérence interne. « La complémentarité entre nos activités de production d’énergie renouvelable et notre travail sur la mobilité électrique découle des engagements de l’entreprise : on ne peut pas dire qu’on produit des énergies renouvelables et brûler du pétrole pour se déplacer dans les territoires », explique Guillaume Kosman, directeur de la mobilité électrique chez Yaway. Cette logique s’est concrétisée fin septembre 2025, avec l’inauguration d’une station de recharge à Breteuil, dans l’Oise. Sa particularité ? Elle est directement raccordée à un parc éolien situé sur la même commune. Un câble de 1 800 mètres relie les cinq éoliennes de Kallista Energy aux bornes exploitées par Yaway.
Sur la station : quatre points de charge pouvant chacun délivrer jusqu'à 400 kW. Et à quelques centaines de mètres, cinq éoliennes de dernière génération capables de produire 2,2 MW d'électricité chacune dès que le vent souffle à 10 km/h. « C’est comme quand on fait de l’autoconsommation à la maison avec des panneaux solaires sur le toit : là, on le fait à grande échelle avec des éoliennes », résume Guillaume Kosman.
Bon à savoir
Un prix de recharge compétitif grâce au circuit court
Pour les électromobilistes, l’intérêt est surtout économique. « Sur de la très haute puissance, on est à 0,30 € le kWh, soit 40 % moins cher que sur les stations Yaway conventionnelles », avance Guillaume Kosman. Le secret ? Le circuit court : pas besoin d’agrégateurs, de fournisseurs, ni de distributeurs. « On s’affranchit de ces intermédiaires et le consommateur final bénéficie directement de l’énergie produite sur place », souligne-t-il.
Yaway compte déjà sept stations en France. Celle de Breteuil est pour l'instant la seule à fonctionner en circuit court avec de l'énergie locale. Mais l'opérateur voit plus grand : 90 stations d'ici cinq à dix ans, idéalement toutes raccordées à des parcs éoliens le long des grands axes routiers.
En Isère, l’électricité solaire stockée pour les pics de recharge
« Il s’agit de la première station de recharge équipée de panneaux photovoltaïques et d’un système de stockage d’énergie en France », assure Jacques Galvani, directeur général d’Atlante France. Le modèle d’autoconsommation solaire n’est pas nouveau : le plus souvent, l’électricité produite est réinjectée dans le réseau. Mais à Salaise-sur-Sanne, l’énergie est utilisée directement sur place.
Lisser les pics de consommation grâce au stockage
Comme dans l’Oise, l’enjeu est double : écologique et économique. En limitant les coûts de transport de l’électricité, Atlante peut casser les prix : 0,29 € le kWh avec abonnement, soit presque moitié moins cher que sur ses stations classiques (0,54 €).
Bon à savoir
70 % des stations de recharge d’Atlante sont situées sur des sites commerciaux, notamment à proximité de restaurants ou de services. Le but est de transformer le temps de recharge en temps utile pour les automobilistes.
Un modèle d’avenir, mais qui a des limites
Même si toutes les stations ne produisent pas leur électricité sur place, l’idée d’une recharge alimentée par des énergies renouvelables s’impose peu à peu comme une évidence. « Quand on sait que les transports sont le plus gros poste d’émissions carbone en France et que la meilleure façon de décarboner ce secteur est de l’électrifier… L’association des énergies renouvelables et de la mobilité électrique relève du bon sens », résume Guillaume Kosman.














