L’autopartage est une réponse très concrète à la hausse du coût de la voiture individuelle. Entre l'assurance, l'entretien, le carburant et le stationnement, le simple fait de posséder une voiture représente un budget considérable, même lorsqu'elle roule peu. C’est précisément sur ce terrain que l’autopartage marque des points. D’après la dernière enquête de l'Agence de la transition écologique (Ademe), publiée en mai dernier, déjà un million de Français y ont recours.
Selon l'enquête de l'Ademe, un usager qui adopte l'autopartage parcourt entre 750 et 2 000 kilomètres de moins en voiture chaque année. Cela représente une économie annuelle estimée entre 400 et 1 000 euros.
Ces économies s'expliquent d'abord par un changement d'habitudes. En payant l’usage d’une voiture et non sa possession, les automobilistes réfléchissent davantage à leurs déplacements. Ils regroupent certains trajets, privilégient la marche, le vélo ou les transports en commun quand c’est possible, et réservent la voiture aux besoins ponctuels : courses volumineuses, loisirs, visites familiales ou départs en week-end. Mais les économies réalisées ne proviennent pas uniquement des kilomètres évités. Pour certains ménages, l’autopartage permet surtout de se passer d’une voiture personnelle, voire d’un deuxième véhicule. L’étude indique qu’environ 60 % des usagers de l’autopartage en boucle se sont séparés d’un véhicule après leur inscription, et que cette démotorisation est directement liée à l’autopartage pour la moitié d’entre eux.
L'autopartage en boucle consiste à louer une voiture pour une durée déterminée avant de la restituer à son point de départ.
Cette démotorisation permet de réaliser des économies encore plus importantes, car elle implique la suppression des frais fixes liés à la possession d'une voiture. Or, d’après l’étude de Roole Data sur le budget automobile en 2025, les Français dépensent en moyenne 416 euros par mois pour leur voiture, dont 257 euros de frais fixes.
Au-delà des économies réalisées par les automobilistes, l'autopartage présente aussi des bénéfices à l'échelle collective. Selon l'Ademe, un véhicule en autopartage remplace en moyenne cinq à sept voitures personnelles. Dans un pays où le parc automobile compte près de 40 millions de voitures particulières, cet effet de substitution n'est pas anodin. Les voitures particulières sont responsables d'environ 17 % des émissions françaises de gaz à effet de serre. En réduisant le nombre de véhicules en circulation et en incitant les usagers à privilégier davantage les transports en commun, le vélo ou la marche, l'autopartage peut donc contribuer à diminuer les émissions liées aux déplacements.
Autre bénéfice : l'espace public. D'après l'enquête, chaque voiture en autopartage permet de libérer jusqu'à 1,9 place de stationnement sur la voirie publique.
En 2018, le Shift Project estimait que le potentiel de réduction des émissions de CO2 de l'autopartage pourrait atteindre environ 6 %.
Encore souvent assimilé au covoiturage, l'autopartage gagne pourtant en notoriété. Près de 60 % des titulaires du permis de conduire connaissent désormais son existence, selon l’étude. Les auteurs estiment en outre qu’il existe en France un réservoir de 3,5 à 4 millions de nouveaux usagers potentiels, en plus du million d’utilisateurs actuels, ce qui représente 12 % des conducteurs français.
Ces usagers potentiels ont souvent un point commun : ils utilisent déjà peu leur voiture ou combinent plusieurs modes de déplacement. Pour eux, l’autopartage peut devenir une solution d’équilibre, afin de garder un accès ponctuel à une voiture, sans en supporter tous les coûts au quotidien. Pour que cette pratique se développe davantage, l'Ademe estime toutefois que l'offre devra gagner en visibilité et s'étendre à davantage de territoires. Car si l'autopartage est désormais bien identifié, il reste encore loin d'être un réflexe de mobilité.