Situé au Technopole de Forbach, le lycée professionnel Hurlevent accueille environ 200 élèves dans des filières professionnelles dédiées aux métiers de l’automobile. Longtemps considérés comme masculins, ces cursus attirent de plus en plus de jeunes filles, déterminées à faire leur place dans les ateliers auto.
Mia, Anastasia, Jeanne et Lindsay ont un point commun : elles ont choisi la voie professionnelle de l'automobile par vocation. Ici, elles apprennent les bases et les techniques avancées des métiers de la mécanique automobile, de la carrosserie et de la peinture.
Dans les ateliers du lycée, blouse sur le dos et outils en main, elles démontent des moteurs, redressent des éléments de carrosserie ou préparent des surfaces avant peinture. « Ici on fait beaucoup de redressage, avec un marteau et un tas. On remet dans la forme d'origine la tôle suite à un choc. Il y a beaucoup d'étapes avant, à savoir le ponçage, l'apprêtage, le nettoyage et la peinture », détaille Jeanne.
Ce choix de cursus est pleinement assumé. Lorsque Mia a annoncé son envie d’intégrer l’établissement, son entourage s’est interrogé, sans jamais remettre en cause sa motivation. « On m'a posé des questions, on m'a demandé si j'étais sûre de vouloir faire ça. J'ai dit oui et ma famille m'a toujours soutenue. Mes proches sont contents et fiers que je sois là. Il ne faut pas avoir peur de se lancer, on s'en fiche du regard des gens, on s'en fiche de ce que les garçons vont dire », confie la jeune femme.
Elles ont choisi l’automobile, un secteur encore très masculin
Les métiers de la mécanique et de la carrosserie ont longtemps été considérés comme physiques et par conséquent masculins. Mais la réalité des ateliers évolue. Les compétences attendues reposent autant sur la précision, la maîtrise technique et le sens du détail que sur la force. Si la mixité parfaite est encore loin d'être atteinte au lycée Hurlevent (environ 10 % des élèves sont des filles), le nombre de jeunes femmes inscrites chaque année ne cesse d’augmenter. « Les choses changent, il y a 20 ans, on n'en trouvait pratiquement jamais dans les ateliers, ou alors de manière très marginale. Les techniques de travail ont changé aussi. Aujourd'hui, il y a de l'outillage… Des techniques de travail qui permettent de ne plus être obligé de soulever lourd ou d'avoir des contraintes. Et l'image du métier a changé aussi », explique Michel Kratz, directeur délégué aux formations professionnelles.
Dans les ateliers, une mixité qui fonctionne
Dans les classes comme dans les ateliers, la collaboration entre les élèves se fait naturellement. Lindsay souligne l’évolution de l’ambiance au sein des promotions : « Les garçons arrivent mieux à nous intégrer, ils ne nous mettent jamais de côté. Ils viennent nous aider. Et on a des outils qu'on rallonge pour avoir plus de force. »
Au lycée, les enseignants veillent aussi à créer un climat bienveillant où chacun peut apprendre et progresser, indépendamment de son genre. « On essaye de favoriser l'intégration de filles et ça marche très bien. On en trouve en mécanique, en carrosserie, à l'accueil et en après-vente. Il y a aussi une concession avec laquelle on est en partenariat où le chef d'atelier est une femme. Les choses avancent », conclut Michel Kratz.