Qu’est-ce qu’un contrôle technique ?
En France, le contrôle technique est obligatoire pour les véhicules légers et lourds depuis 1992. Il permet de s’assurer que les véhicules en circulation respectent les réglementations en vigueur en matière de sécurité et d’environnement. Réalisé dans un centre de contrôle technique par un contrôleur agréé, cet examen permet d’identifier les défaillances susceptibles de porter atteinte à la sécurité des passagers de la voiture et des usagers de la route. Au fil du temps, l'examen du contrôle technique a évolué. « Ces trente dernières années, le contrôle technique s’est adapté aux progrès techniques des véhicules et aux exigences environnementales croissantes », souligne Rémi Courant, Directeur Technique et Qualité chez DEKRA. Depuis 2018, date à laquelle une nouvelle Directive européenne a été appliquée en France, le contrôle technique est plus exigeant, avec des points de contrôle plus nombreux (136 points au total pour un véhicule thermique et 11 points spécifiques en plus pour un véhicule électrique).
La périodicité du contrôle technique automobile varie selon l’âge du véhicule. Un premier contrôle technique doit être effectué dans les six mois qui précèdent le quatrième anniversaire de la mise en circulation du véhicule, date qui figure sur le certificat d’immatriculation. Il doit ensuite être renouvelé tous les deux ans. En cas de revente du véhicule à un particulier, un contrôle technique doit obligatoirement être effectué par le vendeur dans les six mois qui précèdent la transaction.
Quelles sont les défaillances qui entraînent une contre-visite ?
Lors du contrôle technique, le contrôleur va évaluer l'état du véhicule puis dresser un procès-verbal sur lequel figurent les mesures réalisées, les éventuelles défaillances constatées et le résultat du contrôle, qui peut être favorable ou défavorable. Les points de contrôle sont regroupés en 9 fonctions essentielles :
- Identification ;
- Equipements de freinage ;
- Direction ;
- Visibilité (vitres, rétroviseurs, essuie-glaces) ;
- Feux, dispositifs réfléchissants et équipements électriques ;
- Essieux, roues, pneus, suspension ;
- Châssis et accessoires (carrosserie, portes et poignées, sièges…) ;
- Autres équipements (ceintures de sécurité, airbags, indicateur de vitesse…) ;
- Nuisances (bruit, émissions à l'échappement, perte de liquide).
Il existe trois niveaux de défaillances : les défaillances mineures (qui « sont considérées comme n'ayant aucune incidence notable sur la sécurité du véhicule ou sur l'environnement » et ne remettent pas en cause le résultat du contrôle), les défaillances majeures et les défaillances critiques. En cas de défaillance majeure ou critique relevée, une contre-visite est nécessaire.
Les défaillances majeures
Lors d’un contrôle technique, le contrôleur peut constater une ou plusieurs défaillances majeures sur le véhicule. Il s’agit de défauts « susceptibles de compromettre la sécurité du véhicule, d'avoir une incidence négative sur l'environnement, ou de mettre en danger les autres usagers de la route ». Environ 360 défaillances majeures peuvent être recensées, parmi lesquelles :
- Des pneumatiques endommagés ;
- Une usure excessive des plaquettes de frein ;
- Une opacité excessive ou instable des fumées ;
- Un contrôle des émissions à l’échappement impossible ;
- Une absence ou une détérioration des plaques d’immatriculation ;
- Une mauvaise visibilité sur le pare-brise due à une fissure ou au mauvais fonctionnement des essuie-glaces ;
- Des feux stop défectueux ou manquants ;
- Une mauvaise fixation de la colonne de direction…
Les défaillances critiques
Plus rares, les défaillances critiques constituent « un danger direct et immédiat pour la sécurité routière ou ayant une incidence grave sur l'environnement ». Lorsqu’une défaillance critique est constatée par le contrôleur, l’automobiliste est informé qu’il doit réaliser au plus vite les réparations pour ne pas compromettre sa sécurité et celle des autres. On note 129 défaillances critiques constatables, parmi lesquelles :
- Une carrosserie endommagée pouvant causer des blessures ;
- Des feux stop inopérants ;
- Un pneumatique crevé ou trop usé ;
- Une fuite excessive de liquides ;
- Une vitre détériorée ;
- Un système de freinage défaillant ;
- Une mauvaise fixation d’un siège…
En cas de défaillance(s) majeure(s), l'automobiliste a 2 mois à compter du contrôle technique périodique pour faire réparer sa voiture et la présenter à une contre-visite. Le délai est le même en cas de défaillance(s) critique(s) mais le contrôle technique n’est plus valable au-delà du jour du contrôle. Dès minuit, le véhicule n’est donc plus autorisé à rouler jusqu'à ce que les réparations et la contre-visite soient faites.
Pour éviter la contre-visite et ainsi économiser entre 20 et 30 euros (c'est le prix d'une contre-visite) et quelques heures de votre temps, le meilleur conseil qu’un expert puisse vous donner est celui-ci : entretenir régulièrement votre véhicule et ce, quel que soit son âge ! Avant votre rendez-vous, vous pouvez aussi vérifier par vous-même l’état général de votre voiture. « Un pré-contrôle est à la portée de tous, souligne Rémi Courant. Il y a certains éléments d’une voiture que l’on peut contrôler facilement chez soi. On peut regarder si les pneumatiques sont en bon état, si le témoin d’usure n’est pas atteint, si les feux fonctionnent correctement… Pour la partie pollution, on peut aussi regarder s’il n’y a pas de fumée suspecte ou d’une couleur anormale à l’échappement et qu’il n’y a pas de voyant allumé sur le tableau de bord. » Autre possibilité : faire réaliser un pré-contrôle technique dans un garage.