Vous recevez normalement votre contravention sous un mois lorsque vous commettez une infraction. Mais certains PV ne sont jamais envoyés. Photo illisible, erreur administrative… Plusieurs raisons expliquent ce silence. Passé un certain délai, la loi vous protège et l’État ne peut plus vous poursuivre. Au bout de combien de temps le PV est-il considéré comme annulé ?
Vous recevez en principe votre avis de contravention sous un mois après une infraction (excès de vitesse, stop grillé, téléphone au volant…). Vous ne pouvez plus être poursuivi, si vous n’avez toujours rien reçu après un an. Après douze mois, la prescription (le délai au-delà duquel l’État ne peut plus vous poursuivre) s’applique et l’amende est annulée. En effet, selon l’article 9 du Code de procédure pénale, « l’action publique des contraventions se prescrit par une année révolue à compter du jour où l’infraction a été commise ».
La prescription s’applique uniquement si la contravention n’a pas été envoyée. Si le PV a bien été expédié, mais que vous ne l’avez jamais reçu, vous restez redevable de l’amende. L’administration considère que le courrier a été valablement émis, même s’il a été envoyé à une mauvaise adresse ou que La Poste l’a perdu.
Si votre carte grise n’est pas à jour, vous risquez non seulement une majoration de votre amende, mais aussi une contravention de 135 € pour carte grise non conforme. Pensez à faire modifier votre certificat d’immatriculation si votre situation évolue !
Pour que le délai d’un an entraîne l’annulation de votre contravention, aucun acte ne doit intervenir entre-temps. Le Code de procédure pénale liste les actions susceptibles d’interrompre la prescription. Il s’agit de :
Si l’un de ces actes a eu lieu, la prescription repart alors de zéro et vous devez attendre encore 12 mois, à compter de l’acte, pour que les poursuites s’arrêtent. Ainsi, si un officier de police consulte le fichier des permis de conduire pour vérifier votre adresse, le délai est interrompu et repart pour un an à compter de l’acte. Il en va de même pour l’émission du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée ou d’une ordonnance pénale.
De plus, le délai de prescription peut être suspendu temporairement en cas d’événement exceptionnel (juridique ou non). Pendant cette période, le compteur s’arrête et reprend à la fin de l’événement. C’est ce qui s’est produit, par exemple, pendant le premier confinement du COVID-19, où les délais de prescription avaient été suspendus.
Pour les délits routiers (conduite sans permis, défaut d’assurance, conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants…), la prescription est de trois ans.
Vous recevez un PV plus d’un an après l’infraction commise ? Vous pouvez contester la contravention en invoquant la prescription. Vous disposez alors de 45 jours à compter de la réception de l’avis pour déposer votre contestation.
Vous pouvez effectuer la démarche seul ou avec l’aide d’un avocat spécialisé en droit routier. L’avocat pourra accéder à votre dossier d’infraction pour vérifier qu’aucun acte interruptif n’a été enregistré dans l’année suivant les faits. S’il confirme l’absence d’action, vous pouvez obtenir l’annulation du PV.