GIEC : quelles sont les solutions proposées en matière de mobilité ?
Le groupe d’experts intergouvernemental pour le climat a publié début avril le troisième volet de son sixième rapport. Un chapitre qui présente les actions qui devraient être mises en œuvre pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Parmi elles, des mesures concernent la mobilité. Véhicule électrique, carburants alternatifs : voici les propositions du GIEC.
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A chacune de ses
publications, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental pour le climat)
s’alarme de nos émissions de gaz à effet de serre. Dévoilé début avril, son
dernier rapport est encore plus inquiétant : selon les scientifiques,
l’humanité doit impérativement infléchir ses émissions avant 2025 pour éviter
un dérèglement climatique trop important. Notre société n’aurait que 3 petites
années pour agir et rester sous la barre des 2°C de réchauffement. Mais
comment ?
Les experts du
GIEC exposent plusieurs séries de mesures qui permettraient de réduire les
émissions de gaz à effet de serre de divers secteurs comme l’énergie,
l’alimentation, l’industrie et naturellement, les transports. Ce dernier est
l’un des seuls à poursuivre une hausse de ses émissions à l’échelle mondiale.
Pourtant, pour maintenir le réchauffement sous la limite de 1,5 °C, le secteur
des transports devrait réduire ses rejets de 59 % d’ici 2050 par rapport à
2020.
Réaménager l’espace
public au profit de la mobilité propre
Des solutions
existent pour parvenir à cet objectif et n’attendent qu’à être appliquées. Le
GIEC recommande ainsi aux gouvernements de soutenir les transports « non-motorisés »
tels que la marche et le vélo mais également les transports publics. Il
appelle à une « réaffectation de l'espace urbain » au profit
de la « mobilité active ». Nos villes et campagnes ont donc un
défi de taille : elles doivent réaménager des dizaines de milliers de
kilomètres de routes et rues pour inciter à la pratique de la marche, du vélo
et des engins de déplacement personnel (trottinette, mono-roue…). Elles doivent
aussi investir dans une offre de transports en commun efficace, toujours dans
l’objectif d’éviter les trajets en voiture individuelle.
Les véhicules électriques alimentés par de
l'électricité à faibles émissions offrent le plus grand potentiel de
décarbonation pour les transports terrestres.
Le groupe d’experts intergouvernemental pour le climat
La voiture
électrique, pierre angulaire de la transition
Pour verdir les
trajets qui ne peuvent être effectués qu’en voiture, le GIEC place beaucoup
d’espoir dans l’électrification. « Les véhicules électriques
alimentés par de l'électricité à faibles émissions offrent le plus grand
potentiel de décarbonation pour les transports terrestres » estime le
comité d’experts. Un essor nécessaire de la mobilité électrique, qui doit être
soutenu par des « instruments d'attraction de la demande tels que les
subventions » mais égalementpar le financement public des
travaux de recherche et développement, rappelle le GIEC.
« Les coûts des véhicules électrifiés, y compris
les automobiles, les deux et trois roues et les bus, diminuent et leur adoption
s'accélère, mais ils nécessitent des investissements continus dans
l'infrastructure » alerte le comité. La réussite de la transition vers
le véhicule électrique est en effet conditionnée au déploiement des bornes de
recharge publiques comme privées.
Les carburants alternatifs peuvent réduire les
émissions
Comment diminuer les émissions des véhicules qui ne
peuvent être électrifiés ? Les carburants alternatifs représentent une
solution selon le GIEC. « Les biocarburants durables, l'hydrogène à
faibles émissions et les dérivés (y compris les carburants synthétiques)
peuvent contribuer à l'atténuation des émissions de CO2 provenant du transport
maritime, de l'aviation et du transport terrestre lourd » affirment
les experts, qui restent toutefois prudents : ces carburants non-fossiles « nécessitent
des améliorations des processus de production et des réductions de coûts »
détaillent-ils.
Le GIEC indique aussi qu’au-delà de l’enjeu climatique, la
décarbonation de transports a « divers avantages connexes ».
La transition apporterait en effet « des avantages pour la santé, une
réduction de la congestion et une réduction de la demande de matériaux ».
Enfin, le dernier rapport des climatologues rappelle qu’il existe une « synergie »
entre les transports et l’énergie. L’impact des transports sur le climat et
l’environnement est en effet intimement lié au type et à l’origine de l’énergie
consommée par ce secteur.