45 % des habitants en habitat collectif sont déjà équipés ou envisagent d’acquérir un véhicule électrique ou hybride rechargeable. Mais seuls 18 % disposent d’une solution de recharge dans leur immeuble ou leur résidence. Voilà le constat frappant qui ressort d'une étude de l'Ifop publiée début octobre pour le compte de Logivolt, une filiale de la Caisse des Dépôts spécialisée dans le financement des infrastructures collectives de recharge.
Mené auprès de 2002 personnes résidant en habitat collectif, le sondage souligne l'un des principaux freins à l'adoption du véhicule électrique dans les villes françaises : le manque de bornes de recharge dans les parkings d'immeubles.
Chez les conducteurs déjà équipés d’un véhicule rechargeable, 42 % rechargent en priorité sur des bornes en libre-service près de leur domicile et 44 % lors de leurs déplacements, contre 27 % sur une borne individuelle installée sur leur place de stationnement.
Pourtant, disposer d'une borne de recharge à domicile est un facteur déterminant de l'avantage économique de l'électrique sur le thermique. Si le coût moyen de la recharge varie en fonction de votre fournisseur d'énergie et de la tarification heures pleines / heures creuses, on peut estimer le prix de la recharge à domicile pour 100 km à 2,9 €, selon les derniers chiffres de Roole Data. À titre de comparaison, le tarif moyen d'une recharge hors domicile sur une borne 22 kW s'élève à 8,9 € toujours selon les données de Roole Data.
Le retard qu'a pris la France sur l'installation de bornes de recharge au sein des copropriétés et de l'habitat social constitue un frein majeur à l'électrification du parc automobile. Le constat est désormais connu et l'étude de l'Ifop vient rappeler cette réalité : selon elle, disposer d'une borne de recharge à son domicile est la quatrième condition des ménages pour passer à l'électrique après l’autonomie, le prix d’achat et le coût d’usage.
Mais beaucoup de ménages voient l'installation de bornes de recharge en habitat collectif comme un véritable parcours du combattant. Le coût d'installation arrive en tête des préoccupations (49 %), devant la nécessité d'obtenir l'accord de la copropriété (36 %). Pourtant, le droit à la prise, introduit dans le droit français en 2011, offre la possibilité à tout résident d’un immeuble de faire installer une borne de recharge par le professionnel de son choix, entièrement à ses frais.