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Éthylotest chimique ou électronique : la bonne méthode pour souffler

7 février 2022

L’idéal quand on se rend à un événement festif en voiture, c’est de désigner Sam, celui qui conduit et qui ne boit pas. Ou de décider d’être Sam. Mais parfois, on est juste Raf ou Dom, celui ou celle qui se laisse tenter par un verre ou deux. Et pour Raf, il n’y a qu’un seul moyen de garantir sa sécurité et celle des autres usagers de la route : « souffler dans le ballon » pour vérifier son niveau d’alcoolémie. Comment mettre toutes les chances de son côté pour un résultat fiable et un trajet en toute sécurité  ? Plein phare sur les éthylotests avec notre expert  !

Boire ou conduire : il faut choisir !

En France, selon les chiffres de la Sécurité Routière, 32 % des décès sur les routes sont liés à l’alcoolémie : « Cela représente environ 800 personnes chaque année », rappelle Christophe Ramond, directeur des études et recherche de l’association Prévention Routière. Et le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié par 17,8 chez les conducteurs alcoolisés*.

Pour rappel, la limite autorisée par le code de la route est de 0,5 gramme d’alcool par litre de sang, soit 0,25 mg d'alcool par litre d'air expiré, pour les conducteurs confirmés et 0,2 g/l de sang pour les automobilistes en période probatoire, soit environ une à deux consommations alcoolisées selon le profil du conducteur : « Avec un verre d’alcool standard, une bière à 5 degrés de 25 cl ou un verre de vin de 12 cl par exemple, la limite légale est facilement atteinte. Un jeune conducteur est concerné dès le premier verre. Un automobiliste confirmé devra quant à lui impérativement vérifier son taux d’alcool dans le sang après deux verres. »

« Si vous avez consommé 2 verres, il faut attendre au minimum 2 heures avant d’utiliser un éthylotest. »

Christophe Ramond

Le taux maximal d'alcool dans le sang est atteint entre 30 et 45 minutes après l’absorption d’un verre alcoolisé. C’est le temps nécessaire pour que le liquide circule dans le sang. Attention toutefois : lors d'un repas, le pic d’alcoolémie met plus de temps à être atteint car la diffusion de l’alcool est plus lente : « S’il est mélangé avec de la nourriture, l'alcool est absorbé plus lentement dans les intestins et donc moins rapidement diffusé dans le corps », indique Christophe Ramond. Dans ce cas, le résultat de l’éthylotest utilisé trop tôt ne sera pas fiable puisque le pic d’alcoolémie n'aura pas été atteint : « Pour être sûr, il faut attendre environ 1 heure par verre consommé pour éliminer cet alcool et utiliser un éthylotest. »

D'autant que nous ne sommes pas tous égaux face à l’alcool. Comme le souligne l'expert, « il y a une inégalité très forte entre les individus en ce qui concerne l’élimination de l’alcool ». À consommation égale, deux personnes de corpulence différente n’auront pas le même pic d’alcoolémie et mettront plus ou moins longtemps à éliminer l’alcool.

L’absorption d’alcool, substance psychoactive, engendre une nette diminution des facultés, une baisse de la vigilance et des troubles visuels, même à petite dose. À partir de 0,5 g/l, on peut constater un champ de vision rétréci, de la fatigue ou encore une modification de la perception et du temps de réaction… Il est donc primordial de ne pas prendre le volant en cas de doute. Et le meilleur moyen reste d’utiliser un éthylotest !

Récapitulatif des éthylotests ©Roole
Récapitulatif des éthylotests ©Roole

Éthylotests : le récapitulatif

L’éthylotest est un outil de dépistage qui permet de révéler le taux d’alcool dans le sang d’un individu par le biais de l’air expiré. Une fois le test effectué, le résultat est soit positif, soit négatif. À ne pas confondre avec l’éthylomètre, utilisé par les forces de l’ordre en cas de contrôle.

L’éthylotest chimique : mode d’emploi

  • L’éthylotest sans ballon

Après avoir bien vérifié la date de péremption de votre éthylotest et sa certification NF, qui atteste de la conformité du produit, il vous suffit de sortir le tube d’analyse test de son emballage ainsi que son embout buccal.

Avant toute utilisation, pensez à bien réchauffer ces deux outils dans vos mains, pendant environ 30 secondes. Il faut ensuite perforer les opercules des deux extrémités du tube test afin d’insérer l’embout. Inspirez puis expirez en continu. Si l’extrémité du tube reste jaune, vous pouvez prendre le volant. Si au contraire, les cristaux changent de couleur, vous ne devez pas conduire.

  • L’éthylotest avec ballon

Pour l’éthylotest avec ballon, c’est quasiment le même processus. Après avoir contrôlé la date de validité ainsi que sa certification puis réchauffé dans vos mains les composants, vous pouvez déballer le tube d’analyse et le ballon. Il faut ensuite appuyer sur les deux extrémités du tube afin de percer les capsules d’étanchéité. L’étape suivante consiste à gonfler le ballon en soufflant une seule fois, calmement et de manière prolongée. Le tube doit ensuite être inséré dans l’embout du ballon. Vous pouvez enfin dégonfler ce dernier, en le pressant progressivement avec vos mains. Si les cristaux du tube restent de la même couleur, le test est négatif. En revanche, si les cristaux changent de couleur et dépassent l’anneau situé sur le tube, vous êtes au-dessus du seuil autorisé.

L’éthylotest électronique : mode d’emploi

Pour un autocontrôle efficace, vous avez également la possibilité d’utiliser un éthylotest électronique homologué. Si les éthylotests chimiques sont à usage unique, la version électronique est réutilisable. L’embout buccal, jetable, est en revanche à changer à chaque utilisation. Les éthylotests électroniques fonctionnent à l’aide d’une sonde électrochimique. Le principe est le même : il faut souffler dans l’embout pour mesurer le taux d’alcool dans le sang. Un signal visuel/sonore se déclenche ensuite pour vous prévenir d’arrêter d’expirer. Le résultat est indiqué sur le cadran électronique.

Bien que plus utilisé par les professionnels de santé et les entreprises, l’éthylotest électronique est accessible à tous. Comptez environ 100 euros pour un dispositif homologué. À noter qu’un éthylotest électronique doit être régulièrement calibré - tous les 6 mois environ selon le type d’alcootest - afin de garantir son bon fonctionnement.

L’éthylotest anti-démarrage

L’éthylotest anti-démarrage (EAD) est un dispositif à part. Il concerne les automobilistes ayant été contrôlés avec une alcoolémie supérieure à 0,8 g/l de sang et jugés au tribunal correctionnel. Depuis 2018, cet outil peut être imposé par le préfet du département comme alternative à la suspension du permis de conduire, durant une durée maximale d’un an. Dès l’installation au volant, le conducteur doit souffler dans l’éthylotest à deux reprises. Une première fois dès le démarrage du véhicule, puis une deuxième fois au cours du trajet, de façon aléatoire, entre 5 et 30 minutes après avoir démarré. Cette deuxième vérification permet de contrôler qu’aucune autre personne n’a soufflé dans l’éthylotest et ainsi faussé le dispositif. Notons que l’EAD empêche le démarrage du moteur en cas d’alcoolémie, mais n’arrête pas le système lorsque le véhicule est en marche.

Le saviez-vous ?

Les frais d’installation de l’EAD homologué sont à la charge du conducteur et l’outil doit être vérifié tous les ans par un établissement agréé. Le coût moyen d’un éthylotest anti-démarrage est de 1 300 euros. Il peut être loué ou acheté.

Où acheter un éthylotest ?

Depuis mai 2020, les automobilistes n’ont plus l’obligation de posséder en permanence un éthylotest dans leur véhicule. Il est toutefois fortement conseillé d’en avoir un ou plusieurs dans sa boîte à gants ! Pour vous procurer un éthylotest chimique – comptez en moyenne 1,50 € à l’achat – il suffit de vous rendre dans une grande surface, en pharmacie ou encore en centre automobile. Un éthylotest électronique peut être acheté en ligne, ou encore directement en pharmacie ou en boutique spécialisée dans les équipements automobiles.

Le saviez-vous ?

Vous n’avez pas d’éthylotest sur vous ? Les établissements autorisés à servir de l’alcool entre 2 heures et 7 heures du matin sont dans l’obligation de mettre à disposition des éthylotests. Les magasins commercialisant des boissons alcoolisées sont aussi concernés par cette mesure.

En résumé, si comme Raf et Dom, vous souhaitez occasionnellement tester votre alcoolémie après une soirée entre amis, privilégiez l’éthylotest chimique, intuitif et facile d’utilisation, à avoir toujours à portée de main. En revanche, si vous effectuez souvent des autotests d’alcoolémie ou que vous avez à cœur de proposer un test à vos amis avant qu’ils ne reprennent la route, l’éthylotest électronique peut être un dispositif intéressant à avoir avec soi.

*Selon les derniers bilans de la Sécurité Routière - https://www.securite-routiere.gouv.fr/dangers-de-la-route/lalcool-et-la-conduite

** 1 verre = 25 cl de bière à 5°, 12,5 cl de vin de 10° à 12°, 3 cl d’alcool distillé à 40° (whisky, anisette, gin) contenant environ 10 g d’alcool pur.

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