Article mis à jour le 24 avril 2024.
C’est le premier « péage positif » en France. Dans le but de désengorger la circulation et de réduire la pollution de l'air, la Métropole Européenne de Lille (MEL) a décidé d’expérimenter un écobonus depuis le mois de septembre 2023. L’idée : inciter les automobilistes seuls dans leur véhicule à ne pas emprunter l’autoroute A1 et l’autoroute A23 entre Lille et Valenciennes, particulièrement engorgées, pendant les heures de pointe, à savoir entre 7 et 9h et entre 16h30 et 18h30.
Face au succès du dispositif, la MEL a décidé d'étendre le périmètre concerné à deux nouveaux axes, et ce dès la rentrée de septembre 2024. Il s'agit de l'A25 (Dunkerque – Lille) et de la RN41 (La Bassée – Lille). Les zones concernées par les deux axes sont les suivantes : Armentières, Hazebrouck, Bailleul, Steenvoorde, Saint-Omer, Aire-sur-la- Lys, Béthune, Lens et Dunkerque.
« Avec cet écobonus à Lille, nous répondons à l’urgence climatique par une action concrète : récompenser tous ceux qui n’utilisent plus leurs voitures pour circuler sur les grands axes autoroutiers congestionnés de la MEL au profit des mobilités douces, du covoiturage, du télétravail et en décalant leurs horaires d’arrivée et de départ au travail », précise Damien Castelain, Président de la MEL. « L'objectif est de lutter efficacement contre la thrombose routière dont nous sommes victimes quotidiennement sur la Métropole de Lille, nous confie aussi Sébastien Leprêtre, vice-président de la MEL. Pour nous, l'écobonus est l'un des éléments de la chaîne de solutions pour la mobilité qu'il nous paraît intéressant d'expérimenter. »
Avec cette initiative, la Métropole de Lille espèrait parvenir à une diminution du trafic de 750 véhicules, sur les 12 000 voitures qui empruntent ces axes autoroutiers à ces horaires. En avril 2024, selon les données de la Métropole, 2 376 participants sont concernés par l'expérimentation débutée en septembre dernier. « Aujourd’hui, plus de 2 000 effacements journaliers sont réalisés selon la répartition suivante : 60 % des trajets évités concernent l’A1 et 40 % des trajets évités concernent l’A23 », indique le communiqué de presse.
Cette initiative a déjà été mise en place à Rotterdam aux Pays-Bas. Depuis 2017, les automobilistes volontaires peuvent être rémunérés à hauteur de 3 euros par trajet évité ou remboursés de 3,50 euros sur leur carte de transport.
Dans la métropole lilloise, les automobilistes inscrits au programme reçoivent 2 euros par trajet évité, dans la limite de 80 euros par mois. Pour bénéficier de cette écobonus, ils doivent déclarer leurs trajets en voiture évités sur une application smartphone. Un contrôle via un système de géolocalisation a été confié à un prestataire de la MEL.
Pour bénéficier de cette contrepartie financière, les participants doivent décaler leurs horaires de déplacement en voiture, privilégier le télétravail, le covoiturage ou encore se tourner vers d’autres moyens de transport tels que les transports en commun.
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