Dans le contexte de hausse des prix du carburant sur fond de tensions géopolitiques, une question revient avec insistance : existe-t-il un moyen d’échapper à la volatilité des prix des carburants ? Pour l’ONG Transport & Environnement, la réponse passe par la voiture électrique.
C’est le chiffre à retenir : jusqu’à 77 € d’économies mensuelles en faveur de l’électrique. Selon une note publiée ce mardi 17 mars par Transport & Environnement (T&E), la voiture électrique permet d’économiser plusieurs dizaines d’euros par mois par rapport à un véhicule thermique équivalent. Rapportées à l’année, ces économies dépassent les 900 euros.
Mais comment arrive-t-on à ce chiffre ? T&E s’appuie sur un cas très concret : celui d’un automobiliste qui parcourt 12 000 km par an, soit environ 1 000 km par mois. Dans ce scénario, une voiture thermique consommant 7 litres aux 100 km consomme environ 70 litres de carburant par mois. Avec un prix qui dépasse désormais les 2 euros le litre, le budget grimpe à environ 142 euros, « contre 104 euros avant le début du conflit en Iran », précise le rapport.
En face, une voiture électrique consommant 20 kWh aux 100 km a besoin de 200 kWh pour parcourir la même distance. Avec un prix de l’électricité de 0,32 euro par kWh, incluant une hausse liée au gaz, selon l’ONG, la recharge revient à environ 65 euros mensuels. Cela représente un écart d’environ 77 euros chaque mois, par rapport au budget de la voiture thermique.
Si l'avantage économique à l'usage revient toujours à l'électrique, l’écart entre les deux motorisations se creuse encore en période de crise. D’après l’analyse de l’ONG, le surcoût lié à la flambée des prix est cinq fois plus élevé pour une voiture essence que pour une voiture électrique : environ 3,85 euros supplémentaires aux 100 km pour le premier, contre 0,7 euro pour la seconde. Autrement dit, lorsque le prix du pétrole s’emballe, la facture de carburant s'envole, tandis que l’électrique amortit le choc, en limitant l’impact des hausses sur le budget des automobilistes.
La directrice de T&E France, Diane Strauss, prévient d’ailleurs que « cette crise pétrolière ne sera sûrement pas la dernière ». Elle appelle ainsi à accélérer l’électrification du parc automobile « pour alléger notre facture d’énergie et retrouver en même temps une forme de souveraineté énergétique ».