Malus écologique : ce qu’il faut savoir sur la taxe CO2
Mis en place pour limiter les émissions de CO2, le malus écologique taxe les véhicules neufs les plus polluants. Que faut-il savoir sur cette taxe et sur ses évolutions en 2026 et dans les années à venir ? On fait le point.

Le malus écologique est un dispositif incitatif qui vise à réduire les émissions de CO2 dans le secteur automobile en taxant les véhicules les plus polluants mis sur la route. Face au défi de l’urgence climatique, cette taxe connaît des ajustements réguliers afin de renforcer son impact et d'inciter les conducteurs à opter pour des véhicules plus propres.
Bon à savoir
À partir de 2035, les constructeurs automobiles européens devront réduire de 90 % les émissions moyennes à l'échappement de leurs voitures neuves.
Qu'est-ce que le malus écologique ?
Le malus écologique est une taxe appliquée lors de l'achat (ou la location longue durée ou avec option d’achat) d'un véhicule neuf. Son objectif est de pénaliser les véhicules émettant des quantités élevées de dioxyde de carbone (CO2). Cette taxe progressive est indexée sur le taux d'émission de CO2 au kilomètre. Pour les automobilistes qui achètent ou louent un véhicule neuf, ce malus peut atteindre plusieurs milliers d'euros.
Bon à savoir
Les seuils de malus sont fixés chaque année par la Loi de finances. Des simulateurs officiels, comme celui du ministère de l'Économie, permettent de calculer facilement le montant à payer pour chaque véhicule.
Depuis 2022, le seuil d'émissions de CO2 déclenchant un malus est abaissé chaque année. En 2024, il était fixé à 118 g de CO2/km ; en 2025, il était fixé à 113 g de CO2 par km et en 2026, il est désormais fixé à 108 g de CO2/km. Cette évolution reflète la volonté de cibler un nombre plus large de modèles. Par ailleurs, un malus au poids a été introduit en 2022 et concerne en 2026 les véhicules de plus de 1 500 kg. Une mesure visant notamment les SUV et les 4x4.
Les exemptions et exceptions au malus
Certains véhicules échappent au malus. C’est le cas des véhicules électriques, hybrides rechargeables et à pile à combustible hydrogène, qui bénéficient d’une exonération en raison de leur impact environnemental plus faible. De même, les véhicules utilisés pour des missions professionnelles (véhicules d’urgence, utilitaires légers, etc.) peuvent être partiellement ou totalement exonérés.
Les véhicules exonérés du malus CO2 sont :
- Les véhicules accessibles en fauteuil roulant.
- Les véhicules dont le propriétaire est détenteur soit d’une carte ayant la mention "invalidité", soit d'une carte d'invalidité militaire.
- Les véhicules dont le propriétaire a en charge un enfant ou une personne détentrice soit d’une carte ayant la mention"invalidité", soit d'une carte d'invalidité militaire.
- Les véhicules dont la source d'énergie est exclusivement l'électricité, l'hydrogène ou une combinaison des deux.
Les véhicules utilisés par les ménages à faibles revenus ou les familles nombreuses peuvent également bénéficier de déductions, sous réserve de remplir certains critères précis. « Le taux de dioxyde de carbone émis est diminué de 20 grammes par kilomètre (ou d’un cheval administratif) par enfant à charge, à compter du troisième enfant et dans la limite d’un seul véhicule de cinq places assises et plus par foyer », précise le ministère de l’Économie.
Les nouveautés en 2026 et à venir
En 2026, le malus écologique évolue. Ces changements visent à renforcer la prise en compte de la pollution globale des véhicules, avec un ajustement progressif des seuils et des montants, mais aussi une révision des exceptions. Le seuil est désormais abaissé à 108 g/km de CO2 (contre 113 g/km en 2025). Ce seuil devrait être à nouveau abaissé à 103 g/km en 2027. Par ailleurs, en 2026, le montant maximum de ce malus passe à 80 000 € au-delà de 192 g/CO2/km (contre 70 000 € jusqu'ici).
À partir de 2028, le plafonnement du cumul des malus (au poids et CO2) aurait dû être supprimé. C'est en tout cas ce que prévoyait le PLF 2026 du gouvernement Lecornu II, avant d'être amendé dans sa version finale. Ce plafond, qui permet de limiter le montant total dû lorsque les deux malus s’appliquent à un même véhicule, est donc maintenu pour l'instant et au-delà de 2028. Les critères d’exemption pourraient quant à eux être revus, notamment pour les véhicules hybrides rechargeables, dont la pertinence est remise en cause en raison d’une faible utilisation en 100 % électrique.
Barème du malus écologique en 2026
Émissions de CO2 (g/km) | Malus 2026 (en €) |
Jusqu'à 107 | 0 € |
108 | 50 € |
109 | 75 € |
110 | 100 € |
111 | 125 € |
112 | 150 € |
113 | 170 € |
114 | 190 € |
115 | 210 € |
116 | 230 € |
117 | 240 € |
118 | 260 € |
119 | 280 € |
120 | 310 € |
121 | 330 € |
122 | 360 € |
123 | 400 € |
124 | 450 € |
125 | 540 € |
126 | 650 € |
127 | 740 € |
128 | 818 € |
129 | 898 € |
130 | 983 € |
131 | 1 074 € |
132 | 1 172 € |
133 | 1 276 € |
134 | 1 386 € |
135 | 1 504 € |
136 | 1 629 € |
137 | 1 761 € |
138 | 1 901 € |
139 | 2 049 € |
140 | 2 205 € |
141 | 2 370 € |
142 | 2 544 € |
143 | 2 726 € |
144 | 2 918 € |
145 | 3 119 € |
146 | 3 331 € |
147 | 3 552 € |
148 | 3 784 € |
149 | 4 026 € |
150 | 4 279 € |
151 | 4 543 € |
152 | 4 818 € |
153 | 5 105 € |
154 | 5 404 € |
155 | 5 715 € |
156 | 6 126 € |
157 | 6 537 € |
158 | 7 248 € |
159 | 7 959 € |
160 | 8 770 € |
161 | 9 681 € |
162 | 10 692 € |
163 | 11 803 € |
164 | 13 014 € |
165 | 14 325 € |
166 | 15 736 € |
167 | 17 247 € |
168 | 18 858 € |
169 | 20 569 € |
170 | 22 380 € |
171 | 24 291 € |
172 | 26 302 € |
173 | 28 413 € |
174 | 30 624 € |
175 | 32 935 € |
176 | 35 346 € |
177 | 37 857 € |
178 | 40 468 € |
179 | 43 179 € |
180 | 45 990 € |
181 | 48 901 € |
182 | 51 912 € |
183 | 55 023 € |
184 | 58 134 € |
185 | 61 245 € |
186 | 64 356 € |
187 | 67 467 € |
188 | 70 578 € |
189 | 73 689 € |
190 | 76 800 € |
191 | 79 911 € |
192 | 80 000 € |
≥ 193 | 80 000 € |
Les voitures d'occasion seront-elles concernées en 2027 ?
À partir du 1er janvier 2027, certaines voitures d’occasion pourront être soumises au malus écologique et au malus au poids lors d’un changement de propriétaire. Pas d’inquiétude pour autant : la mesure restera très limitée. Elle ne concernera que des véhicules qui, lors de leur première immatriculation, avaient été exonérés de ces taxes, comme les véhicules diplomatiques ou ceux acquis par une personne titulaire de la carte mobilité inclusion (CMI). Le texte précise que les voitures immatriculées avant le 1er janvier 2015 resteront totalement exemptées. En clair, seules celles mises en circulation depuis 2015 et n’ayant jamais payé de malus pourront être concernées par cette taxation rétroactive. Jusqu’ici, seules les voitures d’occasion importées (achetées à l’étranger) sont soumises au malus CO2 et au malus au poids au moment de leur immatriculation en France.



