Malus écologique : ce qu’il faut savoir sur la taxe CO2
Mis en place pour limiter les émissions de CO2, le malus écologique taxe les véhicules neufs les plus polluants. Que faut-il savoir sur cette taxe et sur ses évolutions en 2025 et dans les années à venir ? On fait le point.

Le malus écologique est un dispositif incitatif qui vise à réduire les émissions de CO2 dans le secteur automobile en taxant les véhicules les plus polluants mis sur la route. Face au défi de l’urgence climatique, cette taxe connaît des ajustements réguliers afin de renforcer son impact et d'inciter les conducteurs à opter pour des véhicules plus propres.
Bon à savoir
À partir de 2035, la vente de modèles thermiques neufs sera interdite dans l'Union européenne.
Qu'est-ce que le malus écologique ?
Le malus écologique est une taxe appliquée lors de l'achat (ou la location longue durée ou avec option d’achat) d'un véhicule neuf. Son objectif est de pénaliser les véhicules émettant des quantités élevées de dioxyde de carbone (CO2). Cette taxe progressive est indexée sur le taux d'émission de CO2 au kilomètre. Pour les automobilistes qui achètent ou louent un véhicule neuf, ce malus peut atteindre plusieurs milliers d'euros.
Bon à savoir
Les seuils de malus sont fixés chaque année par la Loi de finances. Des simulateurs officiels, comme celui du ministère de l'Économie, permettent de calculer facilement le montant à payer pour chaque véhicule.
Depuis 2022, le seuil d'émissions de CO2 déclenchant un malus est abaissé chaque année. En 2024, il était fixé à 118 g de CO2/km ; en 2025, il est fixé à 113 g de CO2 par km. Cette évolution reflète la volonté de cibler un nombre plus large de modèles. Par ailleurs, un malus au poids a été introduit et concerne les véhicules de plus de 1600 kg. Une mesure visant notamment les SUV et les 4x4.
Les exemptions et exceptions au malus
Certains véhicules échappent au malus. C’est le cas des véhicules électriques, hybrides rechargeables et à pile à combustible hydrogène, qui bénéficient d’une exonération en raison de leur impact environnemental plus faible. De même, les véhicules utilisés pour des missions professionnelles (véhicules d’urgence, utilitaires légers, etc.) peuvent être partiellement ou totalement exonérés.
Les véhicules exonérés du malus CO2 sont :
- Les véhicules accessibles en fauteuil roulant.
- Les véhicules dont le propriétaire est détenteur soit d’une carte ayant la mention "invalidité", soit d'une carte d'invalidité militaire.
- Les véhicules dont le propriétaire a en charge un enfant ou une personne détentrice soit d’une carte ayant la mention"invalidité", soit d'une carte d'invalidité militaire.
- Les véhicules dont la source d'énergie est exclusivement l'électricité, l'hydrogène ou une combinaison des deux.
Les véhicules utilisés par les ménages à faibles revenus ou les familles nombreuses peuvent également bénéficier de déductions, sous réserve de remplir certains critères précis. « Le taux de dioxyde de carbone émis est diminué de 20 grammes par kilomètre (ou d’un cheval administratif) par enfant à charge, à compter du troisième enfant et dans la limite d’un seul véhicule de cinq places assises et plus par foyer », précise le ministère de l’Économie.
Les nouveautés en 2025 et à venir
En 2025, le malus écologique évolue. Ces changements visent à renforcer la prise en compte de la pollution globale des véhicules, avec un ajustement progressif des seuils et des montants, mais aussi une révision des exceptions. Le seuil est désormais abaissé à 113 g/km de CO2 (contre 118 g/km en 2024). Ce seuil devrait être à nouveau abaissé à 106 g/km en 2026, puis à 99 g/km de CO2 en 2027. Par ailleurs, en 2025, le montant maximum de ce malus passe à 70 000 € au-delà de 192 g/CO2/km (contre 60 000 € jusqu'ici).
A partir de 2028, le plafonnement du cumul des malus (au poids et CO2) devrait être supprimé. C'est en tout cas ce que prévoit le PLF 2026 du gouvernement Lecornu II. Ce plafond permettait de limiter le montant total dû lorsque les deux malus s’appliquaient à un même véhicule. Concrètement, certains modèles haut de gamme ou très puissants pourraient se retrouver taxés à hauteur de 80 000 à 100 000 euros, si les barèmes actuels sont maintenus. Les critères d’exemption devraient aussi être revus, notamment pour les véhicules hybrides rechargeables, dont la pertinence est remise en cause en raison d’une faible utilisation en 100 % électrique.
Barème du malus écologique en 2025
Émissions de CO2 (g/km) | Malus 2025 (en €) |
≤ 112 | 0 € |
113 | 50 € |
114 | 75 € |
115 | 100 € |
116 | 125 € |
117 | 150 € |
118 | 170 € |
119 | 190 € |
120 | 210 € |
121 | 230 € |
122 | 240 € |
123 | 260 € |
124 | 280 € |
125 | 310 € |
126 | 330 € |
127 | 360 € |
128 | 400 € |
129 | 450 € |
130 | 540 € |
131 | 650 € |
132 | 740 € |
133 | 818 € |
134 | 898 € |
135 | 983 € |
136 | 1 074 € |
137 | 1 172 € |
138 | 1 276 € |
139 | 1 386 € |
140 | 1 504 € |
141 | 1 629 € |
142 | 1 761 € |
143 | 1 901 € |
144 | 2 049 € |
145 | 2 205 € |
146 | 2 370 € |
147 | 2 544 € |
148 | 2 726 € |
149 | 2 918 € |
150 | 3 119 € |
151 | 3 331 € |
152 | 3 552 € |
153 | 3 784 € |
154 | 4 026 € |
155 | 4 279 € |
156 | 4 543 € |
157 | 4 818 € |
158 | 5 105 € |
159 | 5 404 € |
160 | 5 715 € |
161 | 6 126 € |
162 | 6 537 € |
163 | 7 248 € |
164 | 7 959 € |
165 | 8 770 € |
166 | 9 681 € |
167 | 10 692 € |
168 | 11 803 € |
169 | 13 014 € |
170 | 14 325 € |
171 | 15 736 € |
172 | 17 247 € |
173 | 18 858 € |
174 | 20 569 € |
175 | 22 380 € |
176 | 24 291 € |
177 | 26 302 € |
178 | 28 413 € |
179 | 30 624 € |
180 | 32 935 € |
181 | 35 346 € |
182 | 37 857 € |
183 | 40 468 € |
184 | 43 179 € |
185 | 45 990 € |
186 | 48 901 € |
187 | 51 912 € |
188 | 55 023 € |
189 | 58 134 € |
190 | 61 245 € |
191 | 64 356 € |
192 | 67 467 € |
≥ 193 | 70 000 € |
Les voitures d'occasion seront-elles concernées dès 2026 ?
À partir du 1er janvier 2026, certaines voitures d’occasion pourraient être soumises au malus écologique et au malus au poids lors d’un changement de propriétaire. Pas d’inquiétude pour autant : la mesure restera très limitée. Elle ne concernera que des véhicules qui, lors de leur première immatriculation, avaient été exonérés de ces taxes, comme les véhicules diplomatiques ou ceux acquis par une personne titulaire de la carte mobilité inclusion (CMI). Le texte précise que les voitures immatriculées avant le 1er janvier 2015 resteront totalement exemptées. En clair, seules celles mises en circulation depuis 2015 et n’ayant jamais payé de malus pourront être concernées par cette taxation rétroactive.
Le projet de loi de finances pour 2026 n’apporte d’ailleurs aucun changement sur ce point : la mesure devrait donc rester cantonnée à ces cas très particuliers. Jusqu’ici, seules les voitures d’occasion importées (achetées à l’étranger) étaient soumises au malus CO2 et au malus au poids au moment de leur immatriculation en France.
Bon à savoir
Les seuils et critères du malus écologique sont actualisés chaque année par l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et le ministère de la Transition écologique. Les prévisions pour 2025 sont régulièrement mises à jour sur les sites officiels.




