Le Global Safety Regulation 2 (GSR 2) franchit une nouvelle étape. Après avoir rendu obligatoires les feux de détresse automatiques ou l’enregistreur de données (boîte noire), la réglementation européenne impose aux véhicules d'embarquer de nouveaux systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS) depuis le 7 juillet 2026. L'objectif reste le même : rendre les routes plus sûres en réduisant le nombre d’accidents.
Ce qui va changer sur nos voitures en 2026
Le GSR 2 rend obligatoires de nouveaux systèmes et impose de nouvelles normes de conception.
L'instauration du système de surveillance de l'attention du conducteur (ADDW)
Une caméra, située derrière le volant, contrôle l'attention du conducteur. Si la personne est inattentive pendant 6 secondes (endormissement, utilisation d’un téléphone, etc.), une alarme sonore se déclenche. Plus vous roulez vite, plus elle est perçante. Le système se met en route automatiquement à chaque démarrage, mais peut être désactivé manuellement.
La somnolence ou l'inattention du conducteur sont des causes fréquentes d'accidents de la route. Selon une étude de la fondation Vinci, entre 2018 et 2022, la somnolence et la fatigue intervenaient dans 18 % des accidents mortels, l'inattention dans 16 %.
L'extension du freinage automatique d’urgence (AEB)
Ce dispositif freine automatiquement lorsqu'un risque de collision est identifié et que le conducteur ne réagit pas. Déjà rendu obligatoire pour la détection des voitures, l'AEB évolue : sa nouvelle version doit détecter les piétons et les cyclistes.
Des piétons mieux protégés en cas de collision
La réglementation impose des évolutions dans la conception des véhicules pour limiter la gravité des blessures en cas de choc avec un piéton. Cela se traduit par des aménagements physiques : intégration de mousse déformable dans le pare-chocs, ménagement d'un espace vide sous le capot, ou encore repositionnement de la batterie et du moteur.
Obligatoire sur les voitures neuves depuis 2014, le système de surveillance de la pression des pneumatiques (TPMS) est renforcé avec le GSR 2. La réglementation impose désormais des technologies de mesure plus précises et immédiates.
Quelles voitures sont concernées ?
Ces règles concernent toutes les voitures neuves immatriculées depuis le 7 juillet 2026. Elles doivent toutes être équipées de ces nouvelles aides à la conduite et répondre aux normes de choc piéton.
Cependant, des exceptions existent pour les véhicules produits en très petites séries (moins de 1 500 exemplaires par an). Ils bénéficient d’une dérogation leur imposant seulement les équipements de la phase précédente (2024), comme le freinage automatique d'urgence destiné à éviter les collisions avec les autres véhicules, le maintien dans la voie d'urgence et la détection des panneaux de signalisation.
Les véhicules déjà en circulation ne sont pas concernés. Aucune mise à niveau ni démarche n'est requise pour leurs propriétaires.
Quel impact pour les automobilistes ?
Si nos voitures deviennent plus sûres, elles coûtent aussi plus cher. La recherche, la conception et l’installation de ces technologies représentent un coût important. L'Union européenne estime que les ADAS coûteront près de 33 milliards de dollars à l'achat et à l'installation sur 15 ans (2026-2041). L'ajout des nouveaux équipements obligatoires aurait coûté 474 euros par véhicule en 2024. Un surcoût répercuté sur le prix de vente et payé par le consommateur.
Nos voitures coûteront également plus cher à faire réparer. Un simple choc ou un remplacement de pare-brise exigera le recalibrage des capteurs et caméras, sans compter le prix des pièces électroniques à remplacer.
Enfin, cette obligation pousse certains modèles vers la sortie. Ce phénomène s'était déjà produit lors des étapes précédentes, signant notamment la fin de la Renault Zoe ou de la Toyota GR86. Ces modèles, impossibles à adapter techniquement ou sur lesquels l'intégration des ADAS représentait un coût trop important par rapport au prix de vente, avaient été retirés du catalogue.
Vers une baisse du prix de l'assurance ?
Une bonne nouvelle cependant pour votre budget : l'installation obligatoire de ces ADAS pourrait réduire le prix de l'assurance auto. Ces aides à la conduite pourraient réduire le nombre et la gravité des accidents. Si cette baisse de la sinistralité se confirme, certains assureurs pourraient en tenir compte dans leurs tarifs. Vous pourriez aussi utiliser ces équipements comme un outil de négociation avec votre assureur. À condition de ne pas les désactiver et de les entretenir pour qu’ils soient toujours parfaitement opérationnels.