« Chaucidou » : quand les voitures et les cyclistes se partagent la route

Par Marine Madelmond
Publié le 17/01/2023
Temps de lecture : 4 min
Image d'une piste cyclable sur la route.

Des aménagements destinés à sécuriser les cyclistes et piétons sur les routes se multiplient en France. Il s’agit des « chaucidous ». Comment fonctionnent ces voies de circulation un peu spéciales ? On vous explique.

La dénomination prête à sourire mais il s’agit bien d’un terme officiel. La « chaucidou », aussi appelée CVCB, contraction de « chaussée à circulation douce », est de plus en plus présente sur les routes de France. Ces axes routiers sont composées d’une voie centrale bidirectionnelle (à contre-sens) pour les véhicules motorisés et de deux bandes latérales pour les cyclistes et piétons. Les objectifs pour les villes qui les mettent en place : sécuriser les usagers de la route les plus vulnérables et réduire la vitesse des véhicules motorisés.

Bon à savoir

Sans la nommer précisément, le décret 2015-808 daté de juillet 2015 du Code de la route décrit le principe d’une chaucidou : « les conducteurs de cycles peuvent circuler sur les accotements équipés d’un revêtement routier ».

Chaucidou : comment fonctionne cet aménagement des voies ?

Un espace de partage entre le vélo et la voiture

Quand un véhicule motorisé emprunte une chaucidou, il roule sur une voie centrale banalisée, bidirectionnelle et entourée de deux couloirs situés à gauche et à droite. Ces deux axes latéraux, aussi appelés « rives », d’une largeur d’1,5 mètre environ, sont quant à eux empruntés par des cyclistes et des piétons.

Lorsque deux véhicules se croisent et en l’absence de cyclistes ou piétons, les véhicules motorisés ont l’autorisation de rouler à cheval sur ces voies. Chaque véhicule doit se déporter sur sa voie de droite, pour se repositionner ensuite sur la voie centrale.

Illustration d'une chaucidou.
Illustration d'une chaucidou.

Priorité aux cyclistes et piétons !

En cas de présence de piétons ou cyclistes lors du dépassement, les véhicules doivent dans tous les cas leur céder la priorité avant de faire la manœuvre. Un fait de route qui réduit logiquement la vitesse des véhicules motorisés : « La voie centrale unique (…) favorise le comportement d’attente derrière un cycliste ou un piéton circulant sur la rive. La vitesse des véhicules motorisés s’en trouve naturellement réduite », peut-on lire dans le communiqué du Pôle d’Appui Régional Sécurité Routière des Hauts-de-France.

Une chaucidou peut en cacher une autre

En France, faute de pouvoir créer des pistes cyclables dans certaines zones, plusieurs villes ont déjà mis en place ces chaucidous et ce depuis quelques années. C’est le cas par exemple à Moirans et Saint-Jean-de-Moirans en Isère, (depuis 2015), ou à Dieppe, Lyon, Perpignan et Lille... D’autres villes prévoient ces nouveaux aménagements courant 2023, comme la Seine-Saint-Denis qui expérimentera une chaucidou sur la D25 entre Pierrefitte et Villetaneuse dès le mois de mai prochain.

En revanche, bien que déjà présent sur le territoire, ce dispositif est encore incompris voire méconnu des automobilistes : « Le fonctionnement de la CVCB ne semble que partiellement compris par les usagers motorisés, au moins dans un premier temps, souligne un rapport du Cerema*. La mise en service a pu même provoquer un sentiment initial de rejet, avec notamment l’impression pour les usagers motorisés de rouler à sens unique. » La prudence est donc une fois encore de rigueur…

Tweet de Fabien Bagnon, Vice-Président de la Métropole de Lyon.
Tweet de Matthieu Corbillon, conseiller métropolitain délégué aux parcs d'activités de la Métropole de Lille.
Tweet officiel de la ville de Saint-Genis-Laval.

*La Cerema est le centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

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