Rouler trop lentement n’est pas, en soi, interdit. Contrairement à la vitesse maximale, il n’existe pas de vitesse minimale en dessous de laquelle vous seriez automatiquement en infraction, en dehors de quelques cas précis. Tout repose sur l’article R413-19 du Code de la route : « Aucun conducteur ne doit gêner la marche normale des autres véhicules en circulant sans raison valable à une vitesse anormalement réduite ». Une formulation floue, qui laisse une large place à l’appréciation des forces de l’ordre. Et qui explique pourquoi les sanctions restent rares et très dépendantes du contexte.
À partir de quand roule-t-on trop lentement ?
Le Code de la route ne fixe pas de vitesse minimale générale. Mais il prévoit certains cas particuliers.
Sur autoroute, par exemple, une règle spécifique s’applique. Lorsque la circulation est fluide et que les conditions de visibilité et d’adhérence sont bonnes, les conducteurs qui circulent sur la voie de gauche ne doivent pas rouler à une vitesse inférieure à 80 km/h. En dessous, ils peuvent être considérés comme gênant la circulation.
Sur autoroute, dans des conditions de circulation normales, la vitesse minimale sur la voie de gauche est de 80 km/h. ©Roole Par ailleurs, sur certaines portions de route, comme les tunnels, une vitesse minimale peut être imposée. Elle est indiquée par un panneau rond bleu cerclé de blanc, au centre duquel figure la vitesse à respecter. Si ce panneau mentionne 30 km/h, vous devez rouler à cette allure, sauf en cas de bouchon ou d’obstacle.
Ce panneau impose aux usagers de circuler à une vitesse minimale de 30 km/h. Il est généralement utilisé sur des voies où une vitesse trop faible pourrait gêner la circulation. ©Roole La vitesse minimale ne s’applique que lorsque les conditions le permettent. Vous êtes bien sûr autorisé, et même tenu, d’adapter votre allure si la situation l’exige, notamment en cas de :
- Danger (traversée d’animaux, chute de pierres…) ;
- Circulation dense ou embouteillages ;
- Mauvaise visibilité ou conditions météo dégradées (pluie, brouillard, neige, verglas…).
En dehors de ces cas précis (en ville ou sur route départementale, par exemple), aucune vitesse minimale n’est fixée. L’appréciation revient alors aux forces de l’ordre. Elles vous sanctionnent si elles estiment que votre allure est anormalement basse et qu’elle crée un danger (en raison d’un différentiel de vitesse important) ou une gêne pour les autres usagers.
Si vous êtes contraint de rouler lentement, facilitez le dépassement des autres usagers dès que possible ou rangez-vous sur le bas-côté si une file importante se forme derrière vous.
Quelles sanctions pour un excès de lenteur ?
Un excès de lenteur est sanctionné par une contravention de deuxième classe. L’amende forfaitaire s’élève à 35 €. Elle est minorée à 22 € en cas de paiement rapide et majorée jusqu’à 75 €, voire 150 € en cas de retard. Il n’y a en revanche pas de retrait de points.
Mais cette infraction peut se cumuler avec d’autres. Par exemple, si votre vitesse réduite est liée à un défaut d’entretien du véhicule (pare-brise sale, visibilité insuffisante) ou à un comportement à risque (alcool, stupéfiants), les sanctions peuvent s’additionner.
L’infraction peut être requalifiée et les sanctions alourdies dans certains cas extrêmes qui mettent délibérément en danger les autres usagers.
Peut-on contester une amende pour excès de lenteur ?
À l’inverse des excès de vitesse, les excès de lenteur ne sont pas relevés par des radars, mais constatés par les forces de l’ordre. Les policiers et les gendarmes tiennent généralement compte du contexte avant de verbaliser.
Si vous estimez que la sanction n’est pas justifiée, vous pouvez la contester. Il vous faudra démontrer que votre allure était adaptée à la situation. Vous pourrez invoquer :
Vous disposez alors d’un délai de 45 jours, à compter du constat de l’infraction, pour contester votre amende en ligne, sur le site de l’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions).