Dans les classes de Code, les applications et les plateformes en ligne remplacent de plus en plus souvent les moniteurs. La pandémie de Covid-19 a accéléré la généralisation des outils numériques dans l'apprentissage du Code de la route. Devant un écran, les élèves révisent et passent des examens blancs en autonomie, sans explications du moniteur à la fin de la session.
Cette numérisation de l'apprentissage laisse sur le bord de la route des élèves qui auraient besoin d'un suivi plus renforcé. Les cas peuvent être nombreux : difficulté de lecture, de compréhension des termes techniques, handicap ralentissant l'apprentissage… D'autres prétendants au Code de la route peuvent aussi rencontrer des difficultés à prendre en main les outils numériques.
Partant de ce constat, Trélazé, une commune de 16 000 habitants dans la banlieue d'Angers (Maine-et-Loire), lance à partir d'octobre des sessions gratuites de soutien au Code de la route, en partenariat avec l'association Afodil, qui gère une auto-école associative. « Une chaussée, un accotement : ça ne parle pas à tout le monde », souligne Sophie Fournier, coordinatrice de l'association.
Jusqu'à mars 2027, les moniteurs de l'association prodigueront leurs conseils aux habitants de deux quartiers prioritaires de la commune de Trélazé (Gide-Colomb et Grand-Bellevue). Deux conditions pour bénéficier de ces cours de soutien : habiter dans l'un de ces deux quartiers et être demandeur d'emploi.
Sans inscription préalable, les bénéficiaires de ce nouveau dispositif peuvent se rendre librement à une ou plusieurs sessions de soutien. « On accueille des personnes qui ont besoin de passer le Code pour trouver un emploi. Mais aussi des gens qui ont déjà le permis et qui sentent qu'ils ont besoin d'une remise à niveau avant de reprendre la route », explique Sophie Fournier, coordinatrice de l'association Afodil.
À chaque session, les moniteurs de l'association ont prévu d'aborder une thématique du Code de la route : signalisation, vitesse, alcool au volant mécanique… En fonction des besoins des participants, ces leçons de soutien pourront prendre différentes formes, par exemple un jeu de société, un échange en groupe ou une mise en situation.
« On réserve un temps d'échange à la fin des séances pour l'accompagnement administratif individuel. Si nécessaire, on peut aussi rediriger la personne vers un diagnostic mobilité, pour l'aider à trouver le mode de déplacement le plus adapté », poursuit Sophie Fournier.
Initiée dans le cadre d'un appel à projets de la ville d'Angers, cette initiative est expérimentale. Si les cours de soutien parviennent à attirer du monde et répondent à un vrai besoin, ils pourraient être pérennisés à Trélazé et dupliqués plus tard dans des quartiers prioritaires d'Angers.