REPORTAGE – En Bretagne, La Bousselaie-Fandguelin accompagne les jeunes en situation de handicap vers la mobilité
Accéder à la mobilité quand on est en situation de handicap est un parcours semé d’obstacles, entre contraintes réglementaires, manque d’offres adaptées et difficultés d’apprentissage. En pays de Redon, en Bretagne, l’association La Bousselaie-Fandguelin accompagne des jeunes en situation de handicap vers davantage d’autonomie, en faisant de la mobilité un levier d’inclusion sociale et professionnelle.
Dans le cadre des Automobile Awards, le Trophée Roole de la mobilité solidaire met chaque année en lumière trois acteurs de l’économie sociale et solidaire engagés contre l’exclusion par la mobilité. La Bousselaie-Fandguelin, sélectionnée pour l’édition 2025, nous a ouvert ses portes pour un reportage au cœur de ses actions en pays de Redon.
Gagner en autonomie par la mobilité
Implantée à Rieux dans le Morbihan, l’association La Bousselaie-Fandguelin accompagne des personnes en situation de handicap dans leur parcours éducatif et vers davantage d’autonomie. Sur ce site, environ 160 jeunes sont accueillis et bénéficient d’enseignements de base, adaptés à leurs capacités.
Parmi les axes de travail développés par l’association, la mobilité occupe une place centrale. « L’objectif ici, c’est de préparer les jeunes à passer le permis AM quadricycle, très demandé aujourd'hui, qui permet de conduire une voiture sans permis », explique Laure Brulais, directrice adjointe de l’association. Une réponse concrète à une demande croissante, notamment pour accéder à un emploi, à une formation ou simplement se déplacer de façon autonome.
Apprendre le code et la conduite à son rythme
Pour accompagner ces jeunes, l’association a mis en place des ateliers dédiés à la mobilité, mêlant apprentissage théorique et pratique. Les cours de code de la route sont adaptés, simplifiés, et dispensés à l’aide de différents supports. « Nous faisons des cours théoriques via l’application Roole Permis solidaire et avec des supports de code Rousseau », détaille Jean-Yves, formateur. « Nous avons aussi un code de la route simplifié, pour leur permettre d’être sur un pied d’égalité avec les autres élèves qui souhaitent passer leur permis B. »
Les séances pratiques se déroulent sur un circuit dédié, situé à proximité. Vélo, scooter, mobylette, et, à la demande, voiture sans permis : chaque jeune progresse à son rythme, accompagné par les éducateurs. Pour Kylian, élève à La Bousselaie-Fandguelin, cet accompagnement fait la différence : « On arrive à comprendre grâce aux explications de notre éducateur. Parfois, certains aident aussi en expliquant aux autres. C'est bien. »
Vers une auto-école solidaire et inclusive
Au-delà de cet enseignement, l’association nourrit une ambition plus large : ouvrir une auto-école solidaire, accessible aux personnes en situation de handicap souhaitant passer un permis et gagner en mobilité. « Nous avons toutes les installations pour pratiquer la conduite d’une voiture sans permis », souligne Jean-Yves. « L’objectif serait d’ouvrir cette auto-école à toutes les personnes en situation de handicap, pour leur permettre d’être mobiles, aussi bien professionnellement que socialement. » Sur le circuit, les premiers essais se font avec prudence, pédagogie… et beaucoup d'encouragements. « C’est normal que ce soit compliqué au début », rassure le formateur. « Après, c’est une habitude. »
Bon à savoir
L’association La Bousselaie-Fandguelin accompagne des enfants, des adolescents et des adultes en situation de handicap, rencontrant des difficultés personnelles et/ou d'adaptation, sur trois départements (56/35/44). Elle donne la priorité à la formation et à l’intégration scolaire, professionnelle et sociale.
Association La Bousselaie Fandguelin



