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Qu’est-ce qu’une ZTL (Zone à Trafic Limité) ?

Par Marine Madelmond

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Entre les Zones à Faibles Émissions, les Zones piétonnes, les Zones de rencontre ou encore les Zones à Trafic Limité, il y a de quoi s’y perdre ! Comment savoir si j’ai le droit de rouler dans telle ou telle zone en ville ? C’est un peu la question à un million ! Alors, pour ne pas (ou plus) se tromper, commençons déjà par revoir la définition d’une Zone à Trafic Limité.

Une voiture qui roule en centre-ville.
Une voiture qui roule en centre-ville.

Qu’est-ce qu’une Zone à Trafic Limité ?

Dans les années 1970-1980, l’Italie est le premier pays à instaurer une ZTL, soit une « Zone à Trafic Limité. » L’objectif est clair : fluidifier le trafic dans ses grandes villes et ainsi favoriser une meilleure cohabitation entre tous les usagers. Ce n’est que cinquante ans plus tard que la France se penche sur le sujet et déploie à son tour une première Zone à Trafic Limité à Nantes, en 2012. La ville de Grenoble met en place six ans plus tard une ZTL dans le cadre de son projet « Cœur de Ville, Cœur de Métropole », suivie par Strasbourg en 2022. Depuis février 2023, Rennes expérimente à son tour une ZTL. En 2024, Paris devrait également revoir la circulation des usagers dans plusieurs arrondissements… Bref, le principe de la ZTL se développe de plus en plus sur notre territoire.

Mais concrètement qu’est-ce qu’une ZTL ? En résumé, il s’agit d’une ou plusieurs rues d’un centre-ville concernées par une restriction de circulation pour tous les usagers motorisés (sauf exceptions) et qui favorise les mobilités douces.

Bon à savoir

ZTL : Zone à Trafic Limité

ZFE : Zone à Faibles Émissions
ZP : Zone Piétonne
ZCR : Zone à Circulation Restreinte

Un panneau indiquant le début d'une ZTL à Sienne. ©iStock
Un panneau indiquant le début d'une ZTL à Sienne. ©iStock

Quels sont les objectifs d’une ZTL ?

À la différence d’une Zone à Faibles Émissions (ZFE), qui vise à bannir de la circulation les véhicules les plus polluants, la ZTL interdit la circulation à tous les usagers motorisés (sauf dans certains cas ! À voir ci-dessous). Pour bien comprendre le principe d’une ZTL (et ainsi éviter de la confondre avec toutes les autres zones réglementées), il faut se pencher sur ses objectifs principaux, à savoir :

  • Réorganiser l’espace public pour améliorer le cadre de vie ;
  • Fluidifier le trafic en réduisant la vitesse des véhicules motorisés acceptés dans cette zone ;
  • Favoriser l’accès aux piétons, cyclistes et transports publics et donc améliorer la circulation des commerçants, riverains et services publics ;
  • Améliorer l’attractivité du centre-ville en rendant cette zone plus apaisée.

Selon un rapport de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) « l’objectif principal de la ZTL est d’optimiser l’usage de la voirie pour le réserver aux déplacements les plus essentiels afin de rompre avec la fonction de transit d’un centre-ville par exemple et réguler l’effet d’encombrement du dernier kilomètre. (…) la ZTL vise à améliorer le cadre de vie : réduire la congestion, diminuer les émissions sonores, sécuriser les déplacements piétons, améliorer la qualité de l’air. »

Signalisation d'une ZTL à Grenoble. ©Grenoble Metropole
Signalisation d'une ZTL à Grenoble. ©Grenoble Metropole

Quelle est la réglementation d’une ZTL ?

Définie comme « un intermédiaire entre la zone de rencontre et l’aire piétonne » par l’ADEME, la ZTL impose une restriction de circulation à tous les véhicules motorisés, sauf :

  • Bus, forces de l’ordre, secours, transporteurs de fonds, taxis et véhicules des services publics ;
  • Tout usagers motorisés munis d’un justificatif ou vignette accolée sur le pare-brise.

Il est en effet possible de circuler dans une ZTL si vous possédez un justificatif valable. Ce justificatif (dont la forme n’est pas définie clairement) peut ainsi être utile pour les livreurs, les sociétés d’entretien, de nettoyage, de sécurité privée, d’aide à la personne, les professionnels de santé mais aussi pour les convois funéraires, clients des hôtels par exemple qui souhaitent circuler dans cette zone. Il peut s’agir d’un bon de livraison, d’une attestation employeur, d’un certificat médical ou d’une confirmation de réservation. Les ayants-droits peuvent également faire apposer un macaron sur le pare-brise de leur véhicule.

Les caractéristiques – à savoir la superficie de la zone concernée et les modalités de contrôle – varient d’une ville à l’autre. Dans tous les cas, l’entrée dans une ZTL doit être indiquée par un panneau.

Tweet du service communication de la ville de Rennes. ©Twitter

Les ZTL mises en place en France

Pour le moment, trois villes ont déjà instauré une ZTL : Nantes en 2012, Grenoble en 2018 et Rennes en 2023. La ville de Paris devrait aussi franchir le pas en 2024, avant les Jeux Olympiques, et plus précisément dans les 4 premiers arrondissements, ainsi qu’une partie des 5e, 6e et 7e arrondissements. Le périmètre précis reste encore à définir. « On discute en très bonne intelligence du périmètre avec la préfecture de police, a expliqué Anne Hidalgo, la maire de la ville dans les colonnes de l’AFP. Ces aménagements ne l’empêcheront pas de continuer à mener sa mission de protection des Parisiens. »

Paris n’est pas la seule ville à revoir sa circulation dans son centre historique. En 2026, Lyon pourrait aussi instaurer une ZTL. En mars dernier, la ville a dévoilé un plan de piétonnisation et de limitation du trafic automobile dans son hypercentre.

Quelles sont les sanctions pour non-respect d’une ZTL ?

Si des panneaux sont installés pour vous indiquer l’entrée et la sortie d’une ZTL, aucune borne ne délimite précisément cette zone réglementée. Il est donc impératif de faire preuve de vigilance à l’approche de ces ZTL en France. En cas de contrôle pour le non-respect d’une ZTL, les contrevenants s’exposent à une amende de 35 euros.

En action

Pour circuler librement dans une ZTL, vous pouvez commander votre macaron/vignette sur les sites officiels des villes ayant mis en place cette zone réglementée.
Pour Grenoble : ici.

Pour Nantes : ici.
Pour Rennes : ici.