Article mis à jour en février 2026 suite au projet de loi de finance 2026 concernant les conditions d’éligibilité pour financer son permis avec le CPF.
Gage d’autonomie et d’indépendance, la voiture est indispensable à une large majorité de Français pour les trajets du quotidien, notamment pour les trajets domicile-travail. Selon une enquête IFOP pour Roole réalisée en janvier 2024, 75 % des Français sont en effet dépendants à leur automobile pour se rendre au travail. Avoir le permis de conduire est donc essentiel pour les trois quarts de la population. Et encore plus pour les travailleurs - nombreux - qui exercent un métier pour lequel le permis est indispensable. Car oui : si la mention "Permis B" est un plus sur un CV dans certains cas, dans d'autres, elle est un pré-requis, autrement dit, un indispensable pour accéder à l'emploi ! Mais la formation coûte cher, qu'elle se fasse en auto-école traditionnelle ou en ligne ! Selon une étude réalisée par l’UFC Que choisir, le prix moyen du permis de conduire en France était de 1 804 euros. Une somme conséquente que tout le monde n'a pas les moyens de débourser ! Heureusement, il y a des solutions. Parmi elles, le financement public de formation auquel un actif peut prétendre.
Car pour passer son permis de conduire, il est possible, sous certaines conditions, de se tourner vers le Compte personnel de formation, communément appelé CPF. Grâce à ce dispositif, on peut obtenir l'examen du code de la route et l’épreuve pratique du permis de conduire sans rien payer de sa poche (ou presque). Comment ça marche ? On vous explique tout !
Le CPF : qu’est-ce que c’est et pour qui ?
Le CPF (Compte personnel de formation) est un dispositif public qui permet à chaque actif – salarié, demandeur d’emploi, agent de la fonction publique ou encore travailleur indépendant – de se former tout au long de sa vie professionnelle jusqu’à sa retraite.
Chaque année, le compte formation (accessible via une plateforme en ligne) est alimenté en euros (500 euros par an pour un travail à temps plein) ou en heures selon le statut de l’actif. Il est limité à 5 000 euros. Au-delà de ce montant, il n’est plus abondé jusqu’à ce que vous ayez utilisé vos droits.
Selon les droits cumulés tout au long de sa carrière, l’actif peut s’inscrire à des formations qui correspondent à son projet professionnel pour acquérir de nouvelles compétences. L’apprentissage de la conduite en fait partie.
Le 1er janvier 2024, l’offre de formation pour les permis de conduire éligibles au compte personnel de formation a été élargie. Sont éligibles les permis A1, A2, B, B1, B96, BE, B78, C1, C, D1, D, C1E, CE, D1E, DE. Autrement dit, tous les types de permis pour conduire un véhicule terrestre à moteur, y compris le permis moto et les permis professionnels (poids lourd et transports en commun).
Payer son permis de conduire grâce au financement CPF : quelles conditions ?
Depuis le 15 mars 2017, pour pouvoir prétendre au financement du CPF pour passer l'examen du code de la route ou du permis de conduire (ou les deux), voici les conditions à remplir :
- Disposer de crédits CPF (en euros ou en heures) sur son compte CPF ;
- Être inscrit comme demandeur d’emploi ou bénéficier d’un financement partiel de son employeur ;
- L’obtention du permis de conduire doit permettre à l’actif de sécuriser ou de développer son parcours professionnel. Il devra remplir une attestation sur l’honneur pour justifier ses besoins et expliquer en quoi le permis de conduire lui est indispensable ;
- Le demandeur ne doit pas faire l’objet d’une suspension de permis B ni d’une interdiction de le repasser.
De plus, vous ne pouvez pas mobiliser le CPF pour un permis de conduire d’une catégorie A1, A2, B1 ou B si vous avez déjà un permis valable en France. Par exemple, si vous êtes titulaire du permis moto 125 (permis A1), vous ne pouvez pas recourir au CPF pour votre permis voiture (permis B).
Enfin, toutes les formations ne sont pas finançables par le CPF. Vous ne pouvez pas financer :
- La remise à niveau en conduite ;
- Le stage de récupération de points ;
- Les heures de conduite nécessaires pour passer du permis de conduire boîte automatique à un permis boîte manuelle ;
- La formation de 7 heures permettant aux titulaires du permis B de conduire un deux-roues ou trois-roues motorisé ;
- La formation pour l’obtention du permis A.
« Les deux dernières formations ne sont pas considérées comme des préparations aux épreuves théoriques et pratiques d’une catégorie de permis de conduire d’un véhicule terrestre à moteur », souligne le site du CPF.
Le dispositif du financement du permis de conduire via le CPF est cumulable avec d'autres aides, notamment l'aide au permis à 1€/jour pour les jeunes.
Vous êtes éligible ? C'est parti pour les démarches !
Étape 1 : créez votre compte CPF
La première étape consiste à créer son compte CPF si ce n’est déjà fait. Il suffit de se rendre sur le site officiel : https://www.moncompteformation.gouv.fr/espace-public/aide/mon-compte puis de cliquer sur « Création de compte » en haut à droite de la plateforme.
Une fois votre compte créé, vous pouvez consulter vos droits à la formation et rechercher les formations disponibles et finançables.
Étape 2 : choisir une auto-école agréée
La deuxième étape : le choix d’une auto-école agréée CPF via un catalogue de formation. Toutes les formations éligibles au CPF listées sont proposées par des organismes référencés qui disposent d’un agrément préfectoral « d’enseignement de la conduite à titre onéreux et la sensibilisation à la sécurité routière ». Ces organismes disposent également d’un numéro de déclaration d’activité et d’une certification dite « Qualiopi ».
Méfiez-vous donc des offres trop attractives qui circulent sur Internet et qui ne respectent pas les critères mentionnés ci-dessus.
Étape 3 : faire valider votre demande par l’auto-école
Une fois l’organisme de formation sélectionné, vous devez envoyer un dossier d’inscription avec les informations demandées. L’auto-école confirmera votre inscription sous quelques jours. En cas de refus, contactez l’organisme pour obtenir des informations.
Étape 4 : le financement et la prise en charge par le CPF
La Caisse des Dépôts versera les sommes prises en charge par le CPF directement à l’auto-école à la fin de votre formation.
Si vos droits de formation CPF couvrent entièrement le coût de votre permis, vous n’aurez à payer que 103,20 euros de participation forfaitaire pour cette formation.
Si vous n’avez pas suffisamment de droits sur votre solde CPF, vous pouvez régler la différence par carte bancaire après la validation de votre demande d’inscription auprès de l’auto-école.
Quel reste à charge en 2026 ?
Le Gouvernement a décidé d’imposer une participation forfaitaire sur chaque achat de formation via le Compte personnel de formation (CPF) à partir du 2 mai 2024. Ce montant est revalorisé chaque année par arrêté. Au 1er janvier 2026, il est de 103,20 euros.
Sont exonérés de cette participation les demandeurs d’emploi, tout comme les personnes qui :
- Bénéficient d’un financement de la part de leur employeur, pour les financements versés à compter du 2 mai 2024 ;
- Bénéficient d’un financement de la part de leur OPCO (opérateur de compétences), d’un accord de branche, d’un accord de groupe ;
- Mobilisent leurs droits dans le cadre de leur Compte professionnel de prévention (C2P) ;
- Bénéficient d’un abondement « accident du travail ou maladie professionnelle » (AT/MP) ;
Les titulaires de CPF bénéficiant d’abondements ou de dotations pour tout autre cas ne seront pas exonérés (compte engagement citoyen, fonds d’assurance formation des travailleurs indépendants…).
Cette participation est automatiquement prise en compte dans le coût de la formation. Ce montant est à régler au moment de l'inscription par carte bancaire ou virement.
Cette mesure inquiète les auto-écoles : « Presque 70% des élèves l’utilisent aujourd’hui, confie Steve Agodor, gérant de l’auto-école QuickPermis à Châtenay-Malabry au micro de TF1. Le CPF nous ramène des nouveaux clients, surtout des gens qui n’avaient pas financièrement la possibilité de payer le permis. Et tout le monde n’a pas forcément ces 100 euros…»