Acheter un véhicule à un particulier n’est jamais sans risque. Compteur kilométrique trafiqué, contrôle technique non effectué, véhicule volé ou encore immatriculation falsifiée : les fraudes existent et peuvent coûter très cher. Consulter l’historique d’une voiture permet de lever une partie de ces doutes… à condition que les données soient complètes et fiables.
J’ai testé trois solutions sur le marché - CarVertical, Autorigin et HistoVec - sur un même véhicule, une BMW Série 1 de 2024. Pour ce comparatif, j'ai analysé plusieurs critères clés : historique du kilométrage, sinistres, nombre de propriétaires, usage du véhicule et situation administrative.
Le résumé du rapport généré par CarVertical. ©CarVertical Après avoir renseigné le numéro VIN (disponible sur le certificat d'immatriculation, ex-carte grise), je suis redirigée vers une page de paiement proposant trois formules : 19,99 euros par rapport pour l’historique de trois véhicules, 21,99 euros par rapport pour deux véhicules et 31,99 euros pour un seul. J’opte pour la troisième offre. Mais le montant affiché n’est pas définitif : 6,40 euros supplémentaires s’ajoutent au titre de la TVA à 20 %.
Une fois mes coordonnées bancaires validées et le paiement accepté, la plateforme me demande des informations complémentaires pour affiner le rapport : nom de naissance, prénoms, numéro d’immatriculation et numéro de formule figurant sur la carte grise. Le service met en avant l’ampleur de sa base de données, revendiquant plus de 330 millions de dossiers de dommages vérifiés, issus de plus de 1 000 sources réparties dans plus de 48 pays.
Le rapport généré se structure autour de plusieurs rubriques censées couvrir l’ensemble du passé du véhicule. La plateforme commence par une vérification de l’usage commercial, afin de déterminer si la voiture a servi comme taxi, véhicule de location ou de service. Rien à signaler selon CarVertical pour le véhicule. Un volet est également consacré au vol, avec une vérification élargie à plusieurs bases de données policières internationales, notamment en France, en Italie, en Europe de l’Est et jusqu’au Canada. CarVertical analyse aussi la situation juridique du véhicule, en s’appuyant notamment sur les contrôles techniques effectués. Côté usage, un indicateur de kilométrage permet d’évaluer l’intensité d’utilisation du véhicule au fil du temps, avec une lecture des habitudes de conduite (rubrique que l'on ne retrouve pas chez les concurrents).
Extrait du rapport CarVertical sur le kilométrage et les habitudes de conduite. ©CarVertical Le rapport généré par CarVertical inclut par ailleurs un historique des dommages, avec une estimation de leur coût, ainsi qu’un indicateur d’exposition à des catastrophes naturelles. À cela s’ajoute une estimation du prix de marché. D’autres rubriques complètent l’analyse, comme les émissions de CO2, les spécifications techniques et les équipements d’origine du véhicule. Enfin, une chronologie synthétique recense les principaux événements enregistrés dans la vie du véhicule, offrant une vue d’ensemble.
Un extrait du rapport CarVertical sur les émissions de CO2. ©CarVertical Le résumé du rapport généré par Autorigin. ©Autorigin Autorigin se distingue par une approche plus simple : sur le site, la requête démarre à partir de la plaque d’immatriculation. Trois formules sont proposées : 13,75 euros TTC pour un rapport standard, 15,95 euros TTC pour deux rapports et 22,95 euros TTC pour un rapport complet. C’est cette dernière option que je retiens pour ce test.
Un extrait du rapport Autorigin sur les différents propriétaires et historique des opérations. ©Autorigin Le rapport généré met rapidement en avant une série d’informations factuelles sur l’usage du véhicule. Dans mon cas, la BMW n’a jamais été utilisée comme taxi, véhicule d’auto-école ou de démonstration, ni déclarée hors d’usage ou appartenant à une société. Elle n’a pas non plus été identifiée comme importée. En revanche, un point ressort clairement sur l'analyse Autorigin : le véhicule a été enregistré comme voiture de location courte durée, une information absente du rapport CarVertical.
Au-delà de ces cas d’usage, Autorigin propose une lecture assez structurée du véhicule. Le rapport détaille les propriétaires en France, les différents usages, ainsi que l’historique des opérations connues. Il inclut également un comparatif à la moyenne, permettant de situer le véhicule par rapport à des modèles équivalents. Des données plus techniques viennent compléter l’ensemble : plan d’entretien, équipements de série, mais aussi des informations sur la sécurité des éléments du véhicule via les données Euro NCAP.
Extrait du rapport Autorigin sur le contrôle technique. ©Autorigin Enfin, le rapport intègre des informations sur les garanties du constructeur, les émissions de CO2, les éventuels rappels constructeurs et une vérification de vol.
Un extrait du rapport Autorigin sur la sécurité du véhicule. ©Autorigin Le résumé du rapport généré par Histovec. ©Histovec Service officiel de l’État, Histovec est la solution gratuite. Pour accéder au rapport, la plateforme demande plusieurs informations issues de la carte grise : nom de naissance, prénoms, numéro d’immatriculation et numéro de formule. Le rapport généré repose exclusivement sur les données du ministère de l’Intérieur. Il reprend les informations administratives du véhicule, comme les caractéristiques techniques, l’identité du titulaire actuel, la date de première immatriculation et celle du certificat d’immatriculation en cours. Lors de mon test, le site HistoVec indique : « HistoVec rencontre actuellement des difficultés techniques dans la mise à jour des données relatives aux véhicules qu'il vous permet de consulter. Seul le certificat de situation administrative disponible sur le site de l'ANTS fait foi. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. » Des données sont donc peut-être obsolètes pour ce comparatif.
Extrait du rapport généré par Histovec. ©Histovec HistoVec permet aujourd'hui de vérifier la situation administrative du véhicule – gage, suspension ou signalement pour vol – ainsi qu’un historique depuis sa première mise en circulation. Mais cet historique reste limité : certaines informations clés, comme l’usage en location courte durée pourtant identifié par Autorigin, n’apparaissent pas dans le rapport.
Un extrait du rapport Histovec sur l'historique des opérations en France. ©HistoVec Dans le cas de cette BMW Série 1, plusieurs données clés sont absentes du rapport HistoVec, notamment le kilométrage, la sinistralité, les rappels constructeurs ou encore les détails des contrôles techniques (à noter que ce véhicule, âgé de deux ans, n’est pas encore soumis à cette obligation). Une absence qui ne semble donc pas systématique : un second test réalisé sur un autre véhicule, datant de plus de 4 ans, confirme que les rubriques « contrôles techniques » et « kilométrage » peuvent bien apparaître. En pratique, la complétude des informations dépend donc fortement des données disponibles pour chaque véhicule (et de son âge !).
HistoVec indique cependant qu'en cas d'absence de contrôle technique ou de relevé de kilométrage sur le rapport, les usagers sont invités à consulter le site de l'UTAC (Union technique de l'automobile, du motocycle et du cycle).
Pour savoir si un véhicule fait l'objet d'un rappel, le gouvernement met à disposition une base officielle des rappels produits, y compris automobiles : rappel.conso.gouv.fr.
| CarVertical | Autorigin | HistoVec |
Vérification d'usage commercial | Oui (mais pas fiable pour ce test) | Oui | Pas indiqué |
Changements de propriétaires | Oui | Oui | Oui |
Kilométrage | Oui | Oui | Oui (mais pas indiqué pour la BMW) |
Dommage/sinistre | Oui | Oui | Pas indiqué |
Vol | Oui | Oui | Oui |
Contrôles techniques | Oui si véhicule de plus de 4 ans | Oui si véhicule de plus de 4 ans | Oui si véhicule de plus de 4 ans |
Habitudes de conduite | Oui | Pas indiqué | Pas indiqué |
Plan d'entretien | Pas indiqué | Oui | Pas indiqué |
Vignette Crit'Air | Oui | Oui | Pas indiqué |
Émissions CO2 | Oui | Pas indiqué | Pas indiqué |
Rappels constructeurs | Pas indiqué | Oui | Pas indiqué |
Garanties restantes du constructeur | Pas indiqué | Oui (mais pas fiable pour ce test) | Pas indiqué |
Exposition à une catastrophe naturelle | Oui | Pas indiqué | Pas indiqué |
Cotation | Oui | Oui | Pas indiqué |
Équipements | Oui | Oui | Pas indiqué |
Chronologie / Historique des opérations | Oui | Oui | Oui |
Durée de disponibilité du rapport | 30 jours | 30 jours | Durée illimitée |
Prix | 38,39 € TTC (1 seul véhicule) | 22,95 euros TTC (1 seul véhicule / rapport complet) | Gratuit |
Au moment de dresser le bilan, chaque service montre ses avantages mais aussi ses limites, parfois sur des points essentiels. Du côté d’HistoVec, l’absence la plus marquante (ndlr : la donnée peut être indiquée sur d'autres rapports) reste celle du kilométrage. Un manque loin d’être anodin, alors que les fraudes au compteur kilométrique sont de plus en plus fréquentes sur le marché de l’occasion.
CarVertical, de son côté, passe à côté d’une information pourtant clé dans mon cas : l’usage de mon véhicule en location courte durée en 2024. Un élément important, car il peut avoir un impact direct sur l’usure et l’entretien du véhicule. Pourtant, en creusant le rapport, certains indices apparaissent. La rubrique « habitudes de conduite » évoque en effet une utilisation intense au début de la vie du véhicule, avec plus de 2 000 kilomètres parcourus en moyenne chaque mois entre janvier et octobre 2024. Ce qui correspond à un usage commercial… Mais encore faut-il savoir lire entre les lignes !
L'extrait du rapport CarVertical indique que mon véhicule a été utilisé de façon "intensive" en 2024. ©CarVertical Reste la question du prix. Le service CarVertical apparaît relativement coûteux (38,39 euros) au regard d’informations dont une partie est déjà accessible gratuitement via HistoVec. En revanche, certaines données ont une vraie valeur ajoutée, comme l’exposition à des catastrophes naturelles, les émissions précises de CO2 ou encore une estimation du prix de marché.
Autre point faible partagé par CarVertical et HistoVec : la gestion des rappels constructeurs, souvent peu claire, voire absente du rapport, alors même que le sujet est particulièrement actuel. Certaines rubriques sur le rapport Autorigin, comme le « comparatif à la moyenne » (durée de détention, nombre de propriétaires) ou le plan d'entretien, ne me semblent pas très utiles.
Un extrait du rapport Autorigin sur le comparatif de mon véhicule à la moyenne. ©Autorigin Enfin, une incohérence subsiste : Autorigin indique que les garanties restantes du constructeur de la BMW Série 1 sont expirées. Une information contredite après vérification auprès du concessionnaire, qui confirme que le véhicule est toujours couvert, la garantie constructeur ayant été prolongée après l’achat.
Un extrait du rapport Autorigin sur les garanties du constructeur. ©Autorigin - ↑ : Suite à la série de tests Euro NCAP, la note obtenue par le véhicule est fondée sur quatre conditions majeures : la protection des adultes pour le conducteur et le passager, la protection des enfants, la protection des usagers vulnérables de la route (VRU) ainsi que les technologies d'aide à la conduite et d'évitement d'accident (aide à la sécurité).