Leucémie de l'enfant : l’exposition aux particules fines pendant la grossesse pointée du doigt

Une nouvelle étude française montre que l’exposition du fœtus à certaines particules fines, notamment le carbone suie, pourrait augmenter le risque de leucémie aiguë chez l’enfant. Les chercheurs mettent en lumière le rôle de pollutions invisibles, issues du trafic routier mais aussi du chauffage et des activités industrielles.

Eva Gomez journaliste pour le média Roole
Eva Gomez
Publié le 29/11/2025

Temps de lecture : 5 min

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L'exposition du foetus aux particules fines est associée à un risque de leucémie. ©Roole

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Les polluants atmosphériques impactent la santé des enfants avant même leur naissance. Selon une étude de l’Inserm publiée dans Environmental Health1↓, en collaboration avec l’université Sorbonne Paris Nord, l’université Paris Cité et l’Inrae, l’exposition périnatale – de la grossesse aux premiers mois du nourrisson – à certains polluants de l’air, en particulier les particules fines PM2,5 et le carbone suie, est associée à un risque accru de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL), le type de cancer du sang le plus fréquent chez les jeunes enfants. Sur la base d'une analyse prenant en compte les adresses de naissance, les chercheurs pointent du doigt des pollutions invisibles, en partie liées au trafic automobile.

Pollution de l’air : le danger commence avant la naissance

L’étude a comparé plus de 700 enfants atteints de leucémie aiguë à une population contrôle de près de 12 000 autres en bonne santé, tous nés en France entre 2010 et 2015. En croisant leurs données de santé avec des modèles d’exposition à la pollution atmosphérique autour du domicile de naissance des enfants, les chercheurs ont évalué le niveau auquel les fœtus avaient été exposés à trois polluants associés aux activités humaines : dioxyde d’azote (NO₂), particules fines PM2,5, et carbone suie.

Les conclusions indiquent qu'une augmentation de 2 µg/m³ de PM2,5 s'accompagne d'une hausse de 14 % du risque de développer une leucémie aiguë lymphoblastique. Ce pourcentage de risque peut même atteindre 70 % pour les enfants les plus exposés. Le carbone suie, qui fait partie des PM2,5, est en particulier mis en cause, notamment dans les zones rurales et semi-urbaines, où son impact est significatif. « Dans les unités urbaines de moins de 5 000 habitants et dans celles comportant entre 5 000 et 99 999 habitants, une augmentation de l’ordre de 80 % du risque de LAL a été observée chez les enfants les plus exposés au carbone suie par rapport aux enfants les moins exposés », souligne l’Inserm dans son étude.

Bon à savoir

Les particules les plus fines, en particulier le carbone suie (une composante des PM2,5) peuvent pénétrer profondément dans les poumons et franchir la barrière placentaire. Des études ont démontré leur présence dans les tissus placentaires et le sang du cordon ombilical, exposant ainsi directement le fœtus à leurs effets toxiques. (Source : The Lancet, planetary health, octobre 2022).

Pas de lien direct avec la proximité des routes

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n'y aurait pas de corrélation entre le risque de leucémie et la proximité d’un grand axe routier, indique l'étude. Cela ne signifie pas que le trafic routier n’a pas d’impact sur la santé, mais qu’il n’est pas la principale source de particules fines. En 2022, le transport routier représentait 8 % des émissions métropolitaines de PM2,5, 44 % des NOx et 22 % du carbone suie (NBDP 2), avec des proportions qui peuvent être localement plus élevées à proximité des axes très fréquentés. Selon les chercheurs, d’autres sources de combustion sont également à incriminer, comme le chauffage au bois ou certaines activités industrielles, notamment dans les zones peu urbanisées.

Bon à savoir

Les particules fines sont émises par les moteurs thermiques, les chaudières, les poêles à bois et certaines installations industrielles. Il est classé parmi les polluants atmosphériques les plus nocifs par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), dépendant de l’OMS.

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