Refus d’obtempérer : ce chiffre record atteint en 2025 qui alarme les autorités
Le cap des 28 000 faits par an a été franchi. Selon les dernières données du ministère de l’Intérieur pour 2025, la France fait face à une recrudescence des refus d’obtempérer, avec un délit toutes les 20 minutes en moyenne. Entre courses-poursuites, grands excès de vitesse et conduite à contresens, ce phénomène à haut risque s'installe sur les routes en ce début d'année 2026. Qui sont ces conducteurs et que risquent-ils réellement ?

Chaque semaine, les faits divers s’accumulent et témoignent d’un phénomène qui prend de l’ampleur : les refus d’obtempérer sont de plus en plus nombreux. La première semaine de février 2026 en offre une illustration frappante dans la presse. « Après un refus d’obtempérer, ils finissent leur course dans un poteau électrique à Dormans », « Refus d’obtempérer près de Nancy : il roule sur la voie du trolleybus à contresens pour fuir la police », « Toulon : un conducteur comparaît ce vendredi pour avoir blessé un policier lors d’un refus d’obtempérer », « Refus d'obtempérer : un mineur de 17 ans a roulé à 130 km/h dans le centre-ville de Chartres », « Conduite dangereuse et refus d’obtempérer, un adolescent interpellé dans l’Ain » : en quelques jours, les publications se multiplient partout en France.
Bon à savoir
Un refus d'obtempérer ne doit pas être confondu avec un délit de fuite, qui désigne une situation dans laquelle un conducteur quitte les lieux après avoir provoqué un accident pour échapper à sa responsabilité pénale ou civile. Le refus d’obtempérer désigne le fait de ne pas s’arrêter malgré une injonction des forces de l’ordre lors d’un contrôle.
Des refus d’obtempérer en hausse
Selon les chiffres provisoires révélés dans le dernier bilan des crimes et délits du service statistique ministériel de la Sécurité intérieure (SSMSI), près de 28 000 refus d’obtempérer ont été enregistrés en 2025 par la police et la gendarmerie. Cela représente une hausse de près de 11 % en un an. En moyenne, plus de 75 refus par jour sont constatés sur le territoire, soit un toutes les vingt minutes environ. Cette hausse marque une rupture avec la dynamique observée entre 2021 et 2024, période durant laquelle les chiffres avaient légèrement reculé.
Des faits de plus en plus dangereux
Au-delà du volume, la gravité des faits inquiète. De nombreux refus d’obtempérer se traduisent par des courses-poursuites en milieu urbain, de grands excès de vitesse, des conduites à contresens ou des mises en danger directes des forces de l’ordre et des autres usagers de la route. Les exemples récents montrent des conducteurs roulant à 130 km/h en centre-ville, empruntant des voies réservées aux transports en commun à contresens ou percutant des infrastructures urbaines. Dans certains cas, des policiers sont blessés lors des tentatives d’interpellation.
Les profils des conducteurs ayant commis un refus d'obtempérer sont variés mais certains points communs émergent régulièrement dans les procédures judiciaires : jeunes conducteurs, absence de permis, conduite sous stupéfiants ou alcool, véhicules non assurés ou volés. « Ce n'est pas une situation d'échec. C'est un constat qu'il y a de moins en moins de respect de l'autorité dans notre pays et qu'il faut la réaffirmer », a affirmé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, dans l'émission Bonjour ! La matinale de TF1.
Refus d’obtempérer : ce que dit la loi
En France, le refus d’obtempérer est défini par l’article L233-1 du Code de la route. Il sanctionne le fait, pour tout conducteur, de ne pas s’arrêter malgré les injonctions des forces de l’ordre habilitées à effectuer des contrôles. L’infraction est punie de deux ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Elle peut entraîner des peines complémentaires comme la suspension ou l’annulation du permis, l’interdiction de le repasser pendant une durée déterminée, la confiscation du véhicule, une peine de travail d’intérêt général ou encore des peines de jours-amende.
Lorsque le refus d’obtempérer est aggravé (notamment en cas de mise en danger d’autrui ou des forces de l’ordre), les peines sont plus lourdes : cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, voire davantage en cas de circonstances particulièrement graves, comme des blessures ou un décès.














