Marché automobile : pourquoi la voiture électrique s’impose malgré la crise, sur le marché du neuf comme de l'occasion
Malgré un marché automobile atone, les ventes de voitures électriques ont progressé de 55 % entre janvier et mai 2026. Une dynamique portée par les aides publiques à l'achat, les flottes d'entreprise et un marché de l'occasion en plein essor.
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Portées par les aides publiques, le leasing social et les obligations de verdissement des flottes d'entreprise, les voitures électriques poursuivent leur ascension en France. Depuis le début de l'année, leurs immatriculations ont bondi, de même que leur présence sur le marché de l'occasion. Une dynamique qui contraste avec celle du marché automobile dans son ensemble, toujours englué dans une période de ralentissement.
Le marché global ne redémarre pas
Le mois de mai 2026 a toutefois marqué un léger rebond pour le marché automobile français. Les immatriculations de voitures particulières neuves ont progressé de 4 % par rapport au mois précédent, avec 128 484 véhicules mis en circulation. Mais sur les cinq premiers mois de l'année, le marché reste en recul de 1 %. En 2025 déjà, les immatriculations neuves avaient baissé de plus de 5 % par rapport à 2024.
« Le marché automobile neuf n'a pas redémarré commeespéré, on reste sur un niveau de marché très bas », souligne Marie-Laure Nivot, responsable intelligence marché chez AAA Data, pour qui il est encore trop tôt pour parler de redémarrage du marché.
Et pour cause : de nombreux automobilistes repoussent leur projet d'acquisition et font le choix de conserver plus longtemps leur véhicule. Dans un contexte de pouvoir d'achat contraint et de transition des technologies, les ménages hésitent à investir dans un nouveau véhicule. Alors que l'offre de véhicules thermiques se réduit progressivement, l'hybride apparaît encore comme une étape intermédiaire pour une partie des conducteurs. Dans le même temps, les dispositifs de soutien à l'achat ou à la location de véhicules électriques, ainsi que les obligations de conversion des flottes professionnelles, contribuent à la progression du marché du 100 % électrique.
Le rebond du marché global observé en mai tient d'ailleurs en partie aux dispositifs de soutien à l’achat ou à la location de véhicules électriques, ainsi qu'aux obligations de conversion à l'électrique des flottes professionnelles.
Bon à savoir
Le leasing social sera relancé mi-juillet 2026, avec 50 000 nouveaux véhicules électriques proposés à des ménages modestes.
Le marché du neuf boosté par les aides publiques
Les voitures électriques représentent 29 % des immatriculations en mai et 28 % depuis le début de l'année 2026. Entre janvier et mai 2026, les ventes de voitures électriquesont progressé de 55 %, selon le dernier rapport d'AAA Data1↓. Les aides publiques continuent de jouer un rôle important, avec un « coup de pouce » renforcé depuis janvier et le maintien du leasing social pour la troisième année consécutive.
L’élargissement de l’offre des constructeurs participe aussi à cette progression.« Les voitures électriques couvrent désormais de plus en plus de segments, avec des modèles attractifs comme la Renault 5 », ajoute l’experte. Des modèles qui restent toutefois hors budget pour de nombreux ménages : il faut compter plus de 20 000 € pour l'achat de la Renault 5 électrique, une fois l'aide nationale appliquée.
Au-delà des ménages, un autre acteur tire aujourd'hui le marché : les flottes d'entreprise. « Avant, c'étaient surtout les particuliers qui achetaient des véhicules électriques. Mais désormais, avec les obligations réglementaires de conversion des flottes à l'électrique, les entreprises prennent le relais », observe Marie-Laure Nivot. Une tendance qui contribue fortement à la hausse des immatriculations de voitures électrifiées observée depuis plusieurs mois. Les véhicules électriques et hybrides représentent désormais plus d’une immatriculation sur deux en France.
L’évolution des prix des carburants observée depuis plusieurs mois joue aussi sûrement un rôle dans les arbitrages des acheteurs.
Marie-Laure Nivot, responsable intelligence marché chez AAA Data.
De plus en plus de modèles sur le marché de l'occasion
L’autre enseignement fort de ce début d’année concerne le marché de l’occasion. Alors que les transactions sur ce marché ont reculé de 4 % en mai au global, les ventes de véhicules électriques d’occasion ont plus que doublé sur le mois. Depuis janvier, elles ont progressé de 50 %.
Près de 100 000 voitures électriques d’occasion ont déjà changé de main depuis le début de l’année 2026. En un an, la part de l’électrique dans les transactions d’occasion est passée de 4 à 6 %. Cette dynamique s’explique notamment par l’arrivée de véhicules récents issus des flottes professionnelles, mais aussi des premiers contrats de location arrivés à échéance, qui viennent étoffer l'offre. « L’évolution des prix des carburants observée depuis plusieurs mois joue aussi sûrement un rôle dans les arbitrages des acheteurs, surtout sur le marché de l’occasion qui est plus réactif que celui du neuf », estime Marie-Laure Nivot.
Un second semestre qui s'annonce favorable pour l'électrique
Pour AAA Data, les prochains mois devraient confirmer cette tendance. Le lancement de la nouvelle phase du leasing social mi-juillet devrait éviter un trou d’air et maintenir l’intérêt pour l’électrique. « C'est une bonne chose car le marché de l'électrique neuf va rester soutenu », analyse Marie-Laure Nivot. Du côté de l’occasion, l’arrivée continue de modèles issus des flottes et des contrats de location devrait encore étoffer l’offre disponible.
Et dans un contexte marqué par la hausse des prix des carburants et les incertitudes géopolitiques, une partie des automobilistes pourrait continuer à s'orienter vers l’électrique dans les mois à venir.