Pour vérifier si ce vieux dicton repose sur une réalité ou sur un simple stéréotype, il suffit de se tourner vers les chiffres de la sécurité routière. Dans une vidéo tournée en 2024 pour Roole Média, Christophe Ramond décrypte les principales données, toujours d’actualité au regard des statistiques récentes.
Selon le dernier bilan de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 3 193 personnes sont décédées sur les routes de France métropolitaine en 2024, dont 2 465 hommes et 728 femmes. Les hommes représentent ainsi environ 78 % des personnes tuées sur la route. Autrement dit, la mortalité routière concerne très majoritairement les hommes.
Puisque les fondements du fameux dicton ne sont pas à chercher du côté de la mortalité, allons voir ce que nous apprennent les chiffres relatifs à la responsabilité : quelle est la proportion de femmes présumées responsables d'accidents mortels ? L'écart est encore plus net : seules 16 % des personnes présumées responsables d'un accident mortel sont des femmes, contre 84 % d'hommes, toujours selon les données de l’ONISR.
Comment expliquer cet écart ? La première grande différence entre hommes et femmes se trouverait dans les contextes de circulation. « On retrouve plus d'hommes sur les routes de campagne, sur les routes un peu plus dangereuses. La nuit également, on a une surreprésentation d'hommes dans la circulation », souligne Christophe Ramond. En d'autres termes, il y a plus de kilomètres parcourus par des conducteurs que par des conductrices dans des contextes particulièrement à risque.
L'autre raison, et pas la moindre, ce sont les comportements sur la route. Lorsqu'on observe les principaux facteurs d'accidents mortels selon le genre, on s'aperçoit qu'il existe de fortes disparités entre hommes et femmes. Et ce ne sont pas les femmes qui détiennent la palme des comportements de conduite les plus à risque ! « En termes de comportements à risque, c'est-à-dire les infractions à la vitesse, à l'alcool ou à la drogue par exemple, il y a une large prépondérance des hommes, aussi bien en termes d'infractions que d'accidents », argumente notre expert. La vitesse excessive ou inadaptée est en effet le premier facteur d’accidents mortels, devant l’alcool, selon le bilan de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. Et ces comportements à risque concernent très majoritairement des conducteurs masculins. « Là où c'est un peu plus équilibré c'est pour l'utilisation du téléphone au volant, qui concerne tout le monde, peut-être un peu moins les seniors », souligne Christophe Ramond dans notre vidéo.
Les inégalités hommes-femmes dans la réussite au permis de conduire sont une origine possible de cette idée reçue selon laquelle les femmes seraient de mauvaises conductrices. Selon les données du ministère de l’Intérieur, le taux de réussite à l’épreuve pratique du permis de conduire s’élevait en 2021 à 62,5 % chez les hommes contre 54,4 % chez les femmes, soit un écart d’environ 8 points. Un phénomène très lié aux stéréotypes de genre selon des chercheurs français.
Cet argument est bien mince par rapport aux chiffres d'accidentalité... et à la réalité des infractions ! Il suffit de regarder du côté des retraits de points pour achever de se convaincre. Selon la Sécurité Routière, les hommes sont concernés par plus des deux tiers des points retirés sur le permis de conduire !