Les apprentis conducteurs ont le choix entre la formation classique, la conduite supervisée et la conduite accompagnée au moment de s’inscrire à l’auto-école. Officiellement appelée apprentissage anticipé de la conduite (AAC), cette dernière formule a séduit seulement 18,6 % des candidats au permis de conduire en 2024, selon la Sécurité routière. Pourtant, cette solution offre plusieurs avantages, du coût du permis à l’assurance, en passant par les chances de réussite à l’examen.
Commencer la conduite plus tôt
Même si l’abaissement de l’âge du permis à 17 ans a réduit l’un de ses avantages historiques, la conduite accompagnée reste une formule très intéressante pour apprendre à conduire dans de bonnes conditions.
La conduite accompagnée permet d’apprendre à conduire dès l’âge de 15 ans, contre 16 ans pour la formation classique. C’est un avantage pour les jeunes qui souhaitent prendre de l’expérience au volant le plus tôt possible et pour ceux qui préfèrent étaler leur apprentissage sur une période plus longue, afin de concilier études et formation par exemple.
En revanche, l’âge minimum pour passer l’examen du permis est le même : le candidat doit avoir 17 ans révolus pour se présenter à l’épreuve pratique et pouvoir conduire seul, quelle que soit sa formation.
Un permis de conduire moins cher
L’apprentissage anticipé de la conduite aide souvent à réduire le coût total du permis de conduire. À première vue, les forfaits proposés par les auto-écoles peuvent sembler plus élevés que pour une formation classique. L’écart est limité mais réel : comptez en moyenne 1 270 € pour une formation en conduite accompagnée, contre environ 1 210 € pour un permis classique en boîte manuelle.
Ces forfaits comprennent notamment :
- les 20 heures de conduite obligatoires ;
- les deux rendez-vous pédagogiques prévus pendant la formation.
Dans la majorité des cas, ces heures suffisent pour que le candidat commence à conduire avec son accompagnateur et acquière progressivement de l’expérience.
À l’inverse, les 20 heures incluses dans une formation classique sont rarement suffisantes pour se présenter à l’épreuve pratique. Les candidats ont besoin en moyenne d’environ 35 heures de conduite, contre 26 heures en conduite accompagnée. Résultat : les candidats en formation classique dépensent en moyenne 725 € en heures supplémentaires, contre 290 € en conduite accompagnée.
Au final, malgré un forfait de départ légèrement plus élevé, la conduite accompagnée revient généralement moins cher : environ 1 600 €, contre près de 2 000 € pour un permis classique.
De meilleures chances de réussite à l’examen
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le taux de réussite moyen à l’épreuve pratique est d’environ 58 % tous types d’apprentissage confondus. Pour les candidats ayant suivi la conduite accompagnée, ce taux atteint près de 75 %.
Cette différence s’explique principalement par l’expérience acquise au volant. Les élèves parcourent au minimum 3 000 kilomètres avec leur accompagnateur à l’issue de leur formation. Ils peuvent ainsi se familiariser avec de nombreuses situations de conduite.
Une période probatoire plus courte
Après l’obtention du permis, les jeunes conducteurs disposent de 6 points. Ils doivent attendre plusieurs années sans infraction pour atteindre le capital maximal de 12 points. Mais la durée de la période probatoire diffère en fonction de la méthode d’apprentissage.
Type d’apprentissage | Délai pour atteindre 12 points |
Conduite accompagnée | 2 ans sans retrait de points |
Formation classique | 3 ans sans retrait de points |
Les autres obligations liées au permis probatoire, comme l’apposition du disque « A », les limitations de vitesse spécifiques ou la limite d’alcoolémie réduite, s’appliquent également pendant 2 ans seulement en cas de conduite accompagnée.
Durant la période d’AAC, les jeunes conducteurs sont soumis aux mêmes limitations de vitesse que pendant la période de permis probatoire. S’ils commettent une infraction au Code de la route qui engendre un retrait de points, c’est le permis de leur accompagnateur qui en fera les frais !
Une assurance auto moins chère
Ce n’est un secret pour personne. Le prix de l’assurance auto est plus élevé pour les jeunes conducteurs que pour les automobilistes expérimentés. Les assureurs considèrent en effet qu’ils présentent un risque plus important, notamment en raison de leur manque d’expérience.
Pour compenser, les compagnies appliquent souvent une surprime aux conducteurs qui viennent d’obtenir leur permis. Cette surprime est toutefois moins importante pour les jeunes ayant suivi la conduite accompagnée, car ils disposent déjà d’une expérience significative.
| Apprentissage classique | Conduite accompagnée |
1re année | 100 % d’augmentation de la prime initiale | 50 % d’augmentation de la prime initiale |
2e année | 50 % d’augmentation de la prime initiale (si aucun accident responsable) | 25 % d’augmentation de la prime initiale (si aucun accident responsable) |
3e année | Fin de la surprime (si aucun accident responsable) | Fin de la surprime (si aucun accident responsable) |
Plus d’expérience pour plus de sérénité
Enfin, le fait d’avoir conduit sous l’œil avisé d’un accompagnateur pendant 3 000 km offre une expérience incomparable de la conduite. Les jeunes conducteurs qui ont opté pour la conduite accompagnée ont généralement moins de comportements à risque sur les routes et de meilleurs réflexes… Surtout s’ils ont eu régulièrement l’occasion – et c’est conseillé – de pratiquer la conduite dans des environnements divers (ville, campagne, routes, autoroutes, embouteillages…) durant leur formation en AAC.
L’association Prévention routière soutient ce dispositif, car il permet un apprentissage progressif de la conduite et une acquisition des réflexes sur la durée. Autrement dit, la conduite accompagnée permet d’aborder les premières années de conduite avec plus de confiance… et moins de risques.