À Strasbourg, « capitale française » du vélo, comment se passe la cohabitation entre les cyclistes, voitures, tramways, et piétons ? La rédac' de Roole Média est allée à la rencontre des automobilistes dans la capitale alsacienne.
« On est passé d’une voiture toute puissante à une voiture qui doit accepter de cohabiter avec d'autres modes de transport, ce qui peut engendrer de la frustration », résume avec philosophie un automobiliste rencontré dans l’hypercentre strasbourgeois, à deux pas de la place Kléber.
Habitant de Schiltigheim, dans la première couronne strasbourgeoise, il assume être « pour la réduction de la place de la voiture en ville » et n’utilise jamais sa voiture pour se rendre à Strasbourg, mais plutôt son vélo électrique. Depuis les années 1970, qui a marqué le début de la piétonnisation de l’hypercentre, la place de la voiture a peu à peu diminué dans la capitale alsacienne au profit des piétons, des cyclistes et du tram.
Strasbourg compte 600 kilomètres de pistes cyclables et six lignes de tram. En quelques dizaines d’années, les automobilistes y ont développé une capacité à changer plusieurs fois de mode de transport dans une même journée : tram, pieds, vélo.
« Pour rejoindre le centre-ville, je me gare sur un parking relais en périphérie et j’emprunte le tram, c’est plus pratique que de prendre ma voiture. Seul problème : les tarifs de stationnement sont prohibitifs et n’encouragent pas à privilégier les transports en commun à la voiture. » Interrogé par Roole Média, ce retraité vit dans la deuxième couronne de l’Eurométropole et utilise régulièrement le tram pour se rendre dans le centre-ville.
Mais il estime que la mairie pourrait en faire plus pour convaincre de laisser les voitures au garage. « Pendant sa campagne, Catherine Trottman (maire de Strasbourg NDLR) a promis la gratuité des transports pour les plus de 65 ans. On attend de voir. »
Selon plusieurs automobilistes interviewés, la multiplication des vélos et des trottinettes électriques en circulation a mis à mal l’équilibre construit au fil dedécennies de cohabitation pacifique entre voitures et cyclistes. « Beaucoup ne respectent pas le code de la route, circulent en plein milieu des voies. Je me fais souvent des frayeurs », déplore une conductrice.
Autre point de crispation partagé par les sept conducteurs interrogés : la ZFE. Depuis 2024, les Crit’Air 4 n’ont théoriquement plus le droit d’accéder au centre-ville. « C’est franchement n'importe quoi, s’emporte une automobiliste à notre micro. Comment font ceux qui n’ont pas les moyens de faire changer leurs vieilles voitures ? Pour régler le problème de la pollution, il faut développer les transports en commun. »
Ce reportage a été diffusé le soir même de son tournage à l’occasion d’une table ronde régionale organisée par Roole le 12 juin dernier en présence d’une centaine de ses membres, de Jean-François Virot Daub, directeur général de Citiz Grand Est et de deux élus, Jacques Fernique, sénateur Les Ecologistes du Bas-Rhin et Thierry Sother, député PS de Strasbourg. L’opportunité pour les membres automobilistes présents, de poser directement leurs questions et d’échanger avec les pouvoirs publics. Découvrez ce qui s'est dit lors de cet événement dans cet article dédié.