Lorsque les températures chutent et que les conditions météorologiques se dégradent avec de la neige et du verglas, les routes peuvent vite devenir impraticables pour les véhicules non munis de pneus adaptés ou d'équipements spéciaux, comme des chaînes ou des chaussettes à neige. Pour sécuriser la circulation, les services de voirie utilisent le salage, dont les conséquences sur les véhicules sont largement sous-estimées par les automobilistes.
Lorsqu’un épisode de neige ou de verglas survient, les gestionnaires de voirie cherchent à rétablir des conditions de circulation normales dans les meilleurs délais. Pour y parvenir, ils disposent d'un levier d'action : l'épandage de sel. En amont d’un épisode de neige et verglas annoncé, les agents peuvent procéder à un salage préventif de la chaussée. Mais lorsque la neige et/ou le verglas sont déjà installés, le sel seul ne suffit plus. Dans ce cas, un mélange de sel et de saumure est épandu en couche fine pour améliorer l’adhérence.
Le sel de déneigement est généralement composé de chlorure de sodium, de chlorure de calcium ou de magnésium, des substances capables d'abaisser le point de congélation de l'eau, c'est-à-dire de faire geler l'eau à une température inférieure à 0°C et donc d'empêcher la formation de verglas supplémentaire. En revanche, ces composés favorisent l’oxydation des métaux. En présence d’humidité, le sel crée un environnement favorable à la corrosion et s’infiltre dans les zones les plus exposées des véhicules : bas de caisse, passages de roues, dessous de châssis et éléments de suspension.
Ce phénomène affecte tous les véhicules, y compris les plus récents, dans une moindre mesure. « Il y a moins de risques pour les véhicules récents, qui offrent des garanties anticorrosion comprises entre 10 et 12 ans selon les constructeurs, explique Florian Benoit, fondateur et CEO de Cosméticar, spécialiste du lavage sans eau. Le danger est plus grand pour les véhicules plus vieux, qui n’ont pas de traitement anticorrosion et moins d’étanchéité. Néanmoins, même sur les véhicules modernes, en l'absence de lavage, les parties attaquées par le sel vont être plus ternes. Cela ne pose pas de problème de sécurité mais peut poser problème à la revente. »
Les premiers signes d'une dégradation due à la corrosion ne sont pas détectables immédiatement. Le sel agit d'abord sur des parties métalliques non visibles : châssis, visserie, freins, lignes d’échappement. Avec le temps, la rouille peut remonter vers la carrosserie et provoquer fissures ou écaillage de la peinture. Mal rincés, les bas de caisse accumulent aussi le sel sur la durée.
Les éléments mécaniques ne sont pas non plus épargnés. Le sel accélère l’usure des disques et des plaquettes de frein, fragilise les durites et peut perturber certains capteurs électroniques.
Le premier bon réflexe est de nettoyer son véhicule régulièrement, surtout en hiver. Il est recommandé de rincer sa voiture, y compris le dessous de caisse, après des épisodes de neige ou de fortes opérations de salage. De nombreuses stations de lavage proposent des programmes spécifiques avec jet haute pression orienté vers le châssis. Les professionnels conseillent également d’appliquer, avant l’hiver, un traitement protecteur anticorrosion sur les parties sensibles.
Dans la mesure du possible, stationner votre véhicule dans un garage fermé et sec. Cela permet de limiter l’humidité et de ralentir la corrosion.