À partir du 1er janvier 2027, les contrats de location de la première édition du leasing social - qui a eu lieu en 2024 - vont arriver à leur terme. Après trois ans de location longue durée, les 50 000 bénéficiaires du leasing social vont commencer à rendre leurs véhicules aux concessionnaires chez qui ils les ont loués.
Au total, d’ici juillet 2027, 50 000 nouveaux véhicules électriques d’occasion vont être disponibles à l'achat. L'arrivée de cette masse de véhicules va constituer un raz-de-marée sur le marché de l'électrique d'occasion. À titre de comparaison, ce dernier a comptabilisé 72 244 transactions sur le deuxième trimestre 2026 selon l'Avere (association nationale pour le développement de la mobilité électrique en France).
Des décotes à prévoir sur le marché de l'occasion
Cet afflux rapide et massif de véhicules à vendre devrait vraisemblablement entraîner des baisses de prix sur le marché de l’occasion. « Des profils de voitures similaires, souvent avec de petites autonomies, vont affluer sur le marché, ce qui va entraîner d'importantes décotes sur les petites autonomies. À terme, cela devrait finir par se répercuter sur l'ensemble du marché de l'occasion », explique Yoann Taitz, responsable de l’estimation des valeurs résiduelles chez Indicata, une plateforme d'analyse de marché dédiée au secteur des véhicules d'occasion.
Parmi les plus gros succès du premier leasing social, on retrouve la Peugeot e-208, la Citroën ë-C3, la Renault Twingo E-Tech ou encore la Renault Zoe.
Le problème de l'obsolescence des petites autonomies
Ces décotes pourraient favoriser l'accès des classes moyennes au véhicule électrique. D'autant que certains modèles du premier leasing social figurent encore aujourd'hui parmi les plus recherchés sur le marché de l'occasion. C'est notamment le cas des Renault Zoe, des Fiat 500e et des Renault Megane E-Tech.
En revanche, d'autres modèles pourraient rencontrer des difficultés pour trouver leur nouveau propriétaire. Depuis 2024, l’autonomie des citadines électriques a augmenté, rendant obsolètes certaines technologies qui prévalaient à l'époque du premier leasing social.
Par exemple, la première génération de Twingo électrique - proposée dans le cadre du 1er leasing social - affichait 190 km d'autonomie contre 263 km pour la nouvelle génération, lancée au printemps 2026. « Aujourd’hui, les acheteurs sont beaucoup moins intéressés qu'avant par de petites autonomies », pointe Yoann Taitz.
Des ménages contraints de repasser au thermique ?
Les retours du 1er leasing social posent une autre question, sociale celle-ci : les ménages bénéficiaires auront-ils les moyens de continuer à rouler en électrique ou seront-ils contraints de repasser sur un modèle thermique ?
Selon l’Institut mobilités en transition (IMT), 32 % des 50 000 bénéficiaires du premier leasing social appartiennent au cinquième décile de revenus, soit environ 3200 euros nets mensuels pour un couple sans enfant. En 2024, les prix du neuf ne permettaient pas à cette catégorie de revenus d’accéder à l’électrique sans coup de pouce de l’État.
Mais avec l’arrivée progressive de véhicules électriques abordables sur le marché, dont la future Dacia Spring à 17 000 euros, la nouvelle Twingo électrique ou la Renault 5 par exemple, le paradigme évolue. « Les bénéficiaires les plus aisés du leasing social peuvent désormais se projeter sur du leasing électrique neuf, contrairement à 2024 », résume Jean-Philippe Hermine, président de l’IMT.
Pour les revenus plus modestes, continuer à rouler en électrique risque d'être plus compliqué. D'autant que les bénéficiaires de la première édition ne peuvent pas prétendre à la troisième édition du leasing social. Une hypothèse confirmée par Yoann Taitz : « on a laissé penser à des ménages modestes qu'ils pouvaient accéder à la mobilité électrique pour 100 euros par mois. Et désormais, ils n'auront sûrement pas d'autre choix que de repasser sur thermique ».