Chaque année, 27,6 millions d’automobilistes passent par la case contrôle technique. Le groupe DEKRA, acteur majeur du secteur avec ses centres agréés NORISKO et AUTOCONTROL notamment, a réalisé 6,2 millions d'examens. Un échantillon qui lui permet de tirer des conclusions sur les défaillances les plus fréquentes dans le parc automobile français.
Un véhicule sur cinq ne passe pas le contrôle technique
En 2025, selon DEKRA, le taux de contre-visite est de 19,3 %. Autrement dit, près d’un véhicule sur cinq présente des défaillances nécessitant une réparation. Un taux relativement stable depuis plusieurs années, malgré le vieillissement du parc roulant (selon Roole Data, l'âge moyen d'un véhicule en 2025 est de 11,5 ans contre 9,7 ans en 2015, ndlr) et les rappels constructeurs récents. « Le taux de contre-visite est stable, nous indique Rémi Courant, Directeur Technique et Qualité chez DEKRA. Il avait augmenté après la dernière évolution réglementaire majeure en 2018 avant de se stabiliser entre 19 et 20 % une fois ces évolutions intégrées par les automobilistes et les professionnels de la réparation automobile. »
Entrée en vigueur en 2018, la réforme du contrôle technique issue d’une directive européenne 2014/45/UE a renforcé les exigences avec davantage de points de contrôle (133 aujourd'hui contre 123 avant 2018) et une nouvelle classification des défaillances (mineures, majeures, critiques).
Les défaillances majeures les plus fréquentes
Certaines anomalies reviennent souvent lors des contrôles techniques. En tête, les problèmes liés à l’éclairage et aux pneumatiques. Parmi les principales défaillances majeures relevées dans le réseau DEKRA :
Des défauts souvent liés à l’usure naturelle des véhicules. « En ce qui concerne les pneumatiques, l'usure peut faire suite à l'abrasion au fur et à mesure des kilomètres parcourus ou au vieillissement ou encore à des craquelures qui peuvent apparaître, explique l’expert. Quant à l'usure de l'éclairage, elle peut se traduire par la défaillance des ampoules ou encore un déréglage. Il peut aussi s'agir d'une détérioration intervenue en circulation, notamment lors d'impacts. Il s'agit donc d'éléments à vérifier de manière régulière. »
Des défaillances critiques plus rares mais immobilisantes
Moins fréquentes mais plus dangereuses, les défaillances critiques imposent une immobilisation immédiate du véhicule. Les principales anomalies de ce type concernent :
- Les pneumatiques avec corde visible ou endommagée (0,25 %)
- L’usure excessive des plaquettes ou garnitures de frein (0,08 %)
- Une efficacité insuffisante du frein de stationnement (0,07 %)
Une surreprésentation des véhicules diesel
Les véhicules diesel restent majoritaires parmi les véhicules présentés au contrôle technique, représentant encore 61 % des véhicules inspectés selon DEKRA. « Le diesel a été pendant de nombreuses années la motorisation la plus vendue sur les véhicules neufs », rappelle Rémi Courant.
La transition vers l’hybride et l’électrique est relativement récente, amorcée autour de 2015 et réellement accélérée à partir de 2020. Une part importante de véhicules diesel reste donc en circulation, aux côtés d’un parc essence historiquement très présent.
Les véhicules ne sont soumis à leur premier contrôle technique qu’à partir de leur quatrième année de mise en circulation. Le parc contrôlé est logiquement aujourd'hui le reflet des achats effectués plusieurs années auparavant.
Rappels constructeurs : un véritable enjeu de sécurité
Au-delà des défaillances dites classiques (majeures et critiques), les contrôles techniques permettent aussi d’identifier des véhicules concernés par des rappels constructeurs, notamment liés aux airbags Takata. L'enjeu est donc de bien informer les automobilistes. Mais la communication avec les propriétaires des véhicules concernés n’est pas toujours optimale selon Rémi Courant. « Les constructeurs sont tenus d’informer les propriétaires, mais il n’est pas toujours simple pour eux d’identifier leurs coordonnées, notamment lorsque les véhicules changent de main ou que les adresses ne sont pas à jour dans le Système d’Immatriculation des Véhicules », souligne-t-il. Dans ce contexte, le contrôle technique joue un rôle clé : « la vérification des campagnes de rappels graves constitue une avancée majeure pour mieux informer les propriétaires et améliorer la sécurité routière ». À titre d’exemple, les campagnes liées aux airbags Takata ont permis d’informer ou de rappeler à plus de 700 000 automobilistes que leur véhicule présentait un danger potentiel.
Lorsque le véhicule est concerné par un rappel, qu'il soit « stop drive » ou non, celui-ci est mentionné sur le procès-verbal de contrôle technique. L’automobiliste est alors invité à contacter rapidement un garagiste ou un concessionnaire de la marque afin d’effectuer les réparations nécessaires.