Les pneus sont le seul lien entre votre véhicule et la route. Leur surface de contact est à peine aussi grande qu'une feuille de papier, ce qui est très peu compte tenu du poids et de la vitesse d’une voiture. Il est donc crucial pour la sécurité de tous de maintenir ses pneumatiques à une pression adaptée. Or, selon les manufacturiers, près de 60 % des automobilistes ne prennent pas cette précaution élémentaire. Quels risques coure-t-on en roulant avec des pneus sous-gonflés ?
Pneus sous-gonflés : un facteur de danger à haute vitesse
« La pression des pneus est propre à chaque voiture. Chaque modèle est équipé de jantes et de pneus spécifiquement développés par les constructeurs en fonction du poids, de la dimension des roues, de la puissance, des capacités dynamiques. La pression indiquée (dans la portière, sur la trappe à essence ou dans la boîte à gants) est donc une donnée à respecter scrupuleusement. Elle diffère entre l’avant et l’arrière du véhicule », explique Sébastien Morin, responsable développement chez Goodyear.
On parle de sous-gonflage dès que la pression du pneu est inférieure de plus de 0,3 bar aux recommandations du constructeur. Une perte progressive de pression (environ 0,1 bar par mois) est normale, mais une baisse plus importante doit alerter : elle peut être le signal d'une valve défectueuse, d'une jante abîmée ou d'une crevaison lente (un clou dans la bande de roulement, par exemple).
Si le véhicule est fortement chargé (quatre passagers et leurs bagages, par exemple), un léger surgonflage des pneus est recommandé, notamment pour les longs trajets comme les départs en vacances.
Un pneu mal gonflé ne montre pas forcément de signe visible, mais il peut être dangereux. À grande vitesse, le pneu sous-gonflé chauffe, l’air se dilate, et cela peut endommager la structure interne jusqu’à provoquer un éclatement. Les morceaux de gomme que l'on croise parfois sur les accotements d’autoroute en témoignent.
Même si les fabricants prennent en compte les risques liés au sous-gonflage dans la conception de leurs pneus, un mauvais entretien reste un facteur d'accidents graves, voire mortels, notamment sur autoroute.
Moins de contrôle, plus de distance pour s’arrêter
Sur la route, des pneus sous-gonflés altèrent la réactivité du véhicule. « Il y a un effet de latence dans la direction, le train avant répond moins vite quand on tourne le volant, l’effort est supporté par les épaules du pneu et cela engendre une dégradation plus rapide au niveau des flancs, note Sébastien Morin, de Goodyear. On estime que des pneus sous-gonflés s’usent 25% plus vite. »
Le freinage du véhicule est lui aussi impacté. Sur chaussée mouillée, une différence de 1 bar de pression par rapport à la recommandation peut allonger la distance d’arrêt de plus de 10 mètres, augmentant considérablement le risque d’aquaplaning. À l’inverse, le surgonflage entraîne une usure prématurée de la bande de roulement (zone centrale du pneu) et dégrade le confort de conduite à cause des vibrations et chocs plus marqués.
Un impact direct sur la consommation de carburant
Une pression insuffisante augmente la résistance au roulement, ce qui se traduit par une surconsommation de carburant. La résistance au roulement est augmentée de 6 % pour un déficit de 0,3 bar et de 30 % pour un déficit de 1 bar, avec pour effet une consommation supplémentaire de carburant pouvant atteindre 5 %, d'après Michelin. A l’inverse, des pneus bien gonflés permettent de réduire la consommation et les émissions de CO₂ : un geste simple pour l’environnement, également bénéfique pour votre portefeuille.
Vérifiez la pression de vos pneus chaque mois
Un contrôle mensuel est fortement recommandé. La vérification doit se faire "à froid", c’est-à-dire après avoir roulé moins de 3 km à vitesse réduite (en milieu urbain) ou si le véhicule est arrêté depuis plus de deux heures. Si ce n’est pas possible, il est conseillé d’ajouter 0,2 à 0,3 bar à la pression recommandée. N’oubliez pas non plus la roue de secours (si votre véhicule en possède une), à vérifier au moins une fois par an.