Le 29 septembre 2025, plusieurs organisations professionnelles, dont l’École de conduite française (ECF), ont appelé à une journée de grève nationale pour dénoncer à la fois les délais jugés interminables pour obtenir une place d’examen et la pénurie d’inspecteurs. Les syndicats réclament des moyens supplémentaires, une réforme de l’organisation des épreuves, mais aussi une meilleure reconnaissance du rôle pédagogique des écoles de conduite.
Depuis janvier 2024, l’âge légal pour passer l'examen et ainsi conduire en autonomie après avoir obtenu le permis de conduire est abaissé à 17 ans. Cette réforme, décidée par le gouvernement, vise déjà à faciliter l’accès à la mobilité des jeunes.
Selon la Sécurité routière, en 2023, sur les 1 552 619 candidats au permis B, 258 793 l'ont passé dans le cadre de l'Apprentissage anticipé de la conduite (AAC), avec un taux de réussite de 75 % (et plus de 78 % pour les candidats se présentant pour la première fois), par rapport à un taux de réussite de 55% avec la formation classique. « Si on pouvait atteindre un taux global de réussite aussi élevé que celui des élèves en conduite accompagnée, on n’aurait pas ces problèmes de manque de places d’examen », insiste le président de l’ECF.
Actuellement, la conduite accompagnée est accessible à partir de 15 ans. Un âge jugé trop avancé par l'ECF, qui estime que ce dispositif pourrait être bien plus efficace s’il était accessible plus tôt aux jeunes et surtout généralisé à tous les apprentis conducteurs. Pour son président, Patrick Mirouse, la voie est claire : « La généralisation de la conduite accompagnée et l’abaissement de l’âge constituent deux leviers essentiels pour réduire les pénuries de places d’examen. »
L’argument est aussi pédagogique que pratique. « Comme pour tout, il est plus facile d’apprendre à conduire entre 14 ans et 24 ans ! », insiste Patrick Mirouse. En s’y prenant plus tôt, les jeunes gagneraient en aisance derrière le volant, mais aussi en plaisir et en motivation, deux facteurs décisifs pour réussir du premier coup.
La conduite accompagnée impose des conditions précises : l’élève doit parcourir au moins 3 000 kilomètres avec son accompagnateur et s’exercer pendant une durée minimale d’un an avant de pouvoir se présenter à l’examen du permis de conduire.
Au-delà de la question de l’âge, l’ECF plaide pour une refonte en profondeur du dispositif. « Pour nous, la solution clé est de rendre l’AAC obligatoire pour tout le monde, dans une version allégée ou assouplie avec moins d'heures », avance Patrick Mirouse. Le président reconnaît toutefois qu’un tel changement suppose « de développer un système viable, notamment pour ceux qui n’ont pas d’accompagnateur ». Parmi les pistes envisagées, il cite l’idée de mobiliser des volontaires au sein de la population des seniors, « qui recherchent du lien social ». Une approche innovante qui, selon lui, ouvrirait de nouvelles perspectives : « Il y a beaucoup de choses à inventer ! »