En 2025, l'accise sur les produits pétroliers et la TVA sur les carburants ont rapporté 36 milliards d'euros aux administrations publiques. Ces recettes ne vont pas être éternelles : à mesure que le parc automobile s'électrifiera, les recettes des taxes sur les carburants vont se tarir. Selon l'Institut mobilités en transition (IMT), les recettes des seules taxes sur l'énergie chuteraient de 10 milliards d'euros à l'horizon 2035 par rapport à 2025.
Alors que certains pays en Europe, à l'image du Royaume-Uni, vont mettre en place une taxe kilométrique pour anticiper cette baisse des recettes fiscales, l'Institut mobilités en transition ébauche une autre piste : le retour de la défunte vignette, supprimée en 2000. Avec ce système, les automobilistes payaient alors une redevance annuelle sur la simple détention de leur véhicule.
Dans son baromètre sur la fiscalité routière, l'Institut mobilités en transition imagine une version modernisée de l'ancienne vignette. Tous les véhicules seraient concernés, mais le montant de cette « redevance annuelle véhicule » serait modulé en fonction de plusieurs paramètres.
Le think tank propose de corréler le montant de cette redevance aux revenus des ménages et à leur lieu d'habitation. Plus l'automobiliste est modeste ou plus il habite loin des transports en commun, et moins il paierait. À cela s'ajouterait un autre critère, écologique celui-ci : cette vignette 2.0 serait plus chère pour les véhicules les plus lourds et les plus émetteurs en CO₂, sur le modèle du système de bonus / malus actuel.
« La réforme devrait être présentée plusieurs années avant son entrée en vigueur, avec une montée en charge progressive clairement présentée pour la décennie suivante. Au vu de l’évolution des recettes fiscales projetée dans ce rapport, la contribution devrait être mise en place en 2030 », préconisent les auteurs du rapport.
L'Institut mobilités en transition va jusqu'à proposer le montant de cette nouvelle taxe. Nous vous résumons cette proposition dans le tableau ci-dessous.
La proposition de l'IMT n'est pas la première du genre. En juin 2026, le Conseil des prélèvements obligatoires, organisme rattaché à la Cour des comptes, a évoqué dans un rapport sur l'avenir de la fiscalité de l'énergie une taxe annuelle de détention sur l'ensemble des voitures particulières.
À ce jour, aucun projet gouvernemental ni texte législatif ne prévoit une telle taxe. L'IMT est un institut de recherche indépendant : ses recommandations n'engagent pas les pouvoirs publics. Les candidats à l'élection présidentielle se saisiront-ils de cette idée de vignette 2.0. ? Affaire à suivre.