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ZFE de Lille : 95 communes concernées à horizon 2025

Par Eva Gomez

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La ZFE-m de la métropole de Lille, en cours de construction, devrait être totalement mise en œuvre d’ici fin 2024. On fait un point à date sur le déploiement de cette future zone à faibles émissions qui concerne les 95 communes de la métropole.

Grand Place de Lille
Grand Place de Lille

Pourquoi une ZFE dans la métropole de Lille ?

La métropole de Lille (MEL) est concernée par la mise en œuvre d’une zone à faibles émissions mobilité (ZFE-m) dans le cadre de la loi climat et résilience de 2021, au même titre que 32 métropoles françaises de plus de 150 000 habitants. Conformément à la loi, la ZFE doit être déployée au plus tard le 1er janvier 2025. « L’interdiction de la circulation pour les véhicules les plus polluants s’appliquera jour et nuit, tout au long de l’année et pas seulement en cas de pic de pollution comme c’était le cas jusque-là. Il s’agit ainsi d’agir sur la pollution de fond et de contribuer ainsi à améliorer la qualité de l’air de façon permanente et durable », précise la métropole. Les résultats espérés par la Métropole à l’intérieur de la ZFE  : « moins 31% d’oxydes d’azote et moins 36% de particules très fines ». Rappelons que la pollution de l’air provoque environ 48 000 décès prématurés chaque année en France.

Le périmètre de la ZFE de Lille : encore à définir

Les contours précis de cette ZFE-m restent encore à définir, mais elle comprendra les principaux axes de circulation de la métropole, à savoir : la voie rapide urbaine, la nationale 356, l’A25 et l’A1 sur les communes qui sont traversées (Lille, Loos, Haubourdin, Ronchin et Sequedin). A l’annonce de sa mise en œuvre, la ZFE-m ne devait concerner que 11 communes de la métropole, mais en avril 2022, la métropole a annoncé que ce périmètre serait élargi aux 95 communes qui la composent. Ceci afin que, comme l’exige la loi, au moins 50% de la population de la métropole soit concernée.

Les élus des 95 communes concernées ont été consultés en 2022. Cette année, ce sont les citoyens et professionnels exerçant dans la métropole qui sont sollicités. La métropole précise qu’« une étude est aujourd’hui en cours [...] pour définir la future ZFE-m (périmètre, dérogations, communication, accompagnements, contrôle, suivi et mesure des effets…) selon les nouvelles exigences législatives ». Les restrictions et conditions de circulation dans cette zone ne sont donc pas définitives et la métropole de Lille travaille toujours à leur définition et adaptation.

Les solutions alternatives

Mais dans l'anticipation de la mise en œuvre de ce dispositif et afin de permettre une meilleure desserte de transports en commun dans la métropole, de nouvelles lignes de tramway et de bus à haut niveau de service sont en projet, notamment le tramway du pôle métropolitain de Roubaix-Tourcoing et le tramway du pôle métropolitain de Lille et sa couronne. « Deux milliards d’euros seront investis pour améliorer l’accessibilité et l’attractivité de la métropole, mais également lutter contre la pollution de l’air », souligne la métropole.

Bon à savoir

Lors des pics de pollution, l’accès aux transports en commun de la métropole est gratuit pour tous.

Plan de mobilité et réseau express régional

La métropole a par ailleurs engagé l’élaboration de son plan de mobilité, qui doit établir les orientations de sa politique de mobilité d’ici à 2035. « L’objectif est d’organiser la mobilité sur le territoire de la MEL, en réduisant ses impacts sur le changement climatique et la pollution de l’air. Il s’agit de garantir à tous la possibilité de se déplacer tout en luttant contre le réchauffement climatique et les pollutions locales, qu’elles soient atmosphériques ou sonores », développe la métropole. La création d’un réseau express régional est également prévue à horizon 2035-2040, afin de « doubler la desserte ferroviaire en heure de pointe vers et depuis Lille, y compris des liaisons avec la Belgique », précise la métropole.

L’écobonus « Changer, ça rapporte »

En attendant, la métropole vient de lancer un programme visant à encourager les citoyens à privilégier les transports en commun, tout en diminuant les embouteillages. Cet écobonus baptisé « Changer, ça rapporte » (connu aussi sous le nom de « péage positif ») propose à des automobilistes volontaires de renoncer à emprunter les autoroutes A1 et A23 pendant les heures de pointe contre une récompense de 2€ par trajet évité (dans la limite de 80€ par mois). « Pour cela, il faudra utiliser les transports en commun tels que le train ou le bus, prendre son vélo, pratiquer le télétravail, le covoiturage, décaler ses horaires de travail, sans oublier les modalités dites ‘hybrides’ en utilisant son véhicule pour aller à une gare ou se stationner dans un parking relais », précise la métropole de Lille. Jusqu’au 12 mai, les volontaires peuvent se préinscrire en ligne. Leur éligibilité sera vérifiée jusqu’en juin, via un système détectant leurs passages sur les autoroutes concernées grâce à la lecture automatique des plaques d’immatriculation. 5 000 participants seront retenus pour un démarrage opérationnel dès le mois de septembre et pendant 9 mois.

Encourager le covoiturage

En parallèle, la métropole va expérimenter les voies réservées au covoiturage sur les autoroutes et voies express du réseau routier national et des réseaux départementaux desservant la ZFE-m.

Les paramètres des ZFE à échelle nationale

Bien que les modalités de cette future ZFE-m restent à déterminer, nous pouvons rappeler les paramètres nationaux définis par les lois d'Orientation des Mobilités (LOM) et Climat et Résilience, qui concernent l'intégralité des ZFE françaises.

Les dérogations

L’Etat prévoit une dérogation permanente aux ZFE, indépendamment des vignettes Crit’Air, pour les véhicules affichant une carte « mobilité inclusion », une carte de stationnement pour personnes handicapées et les véhicules d’intérêt général (police, gendarmerie, douanes, pompiers, ministère de la défense, sécurité civile…).

Contrôles et sanctions

Les contrôles automatiques avec lecture des plaques d’immatriculation devraient être déployés en France d’ici le second semestre 2024 d’après le gouvernement. Les contrevenants s’exposent à une amende forfaitaire de 68 euros.

Les aides pour les automobilistes concernés

Le gouvernement propose différentes aides pour l’acquisition d’un véhicule propre ou le remplacement d’un véhicule polluant : le bonus écologique pouvant atteindre 7 000 €, la prime à la conversion pouvant aller jusqu’à 6 000 €, ou encore l’aide au rétrofit électrique, qui peut atteindre 6 000 € (et même 10 000 € pour les ménages très modestes considérés comme « gros rouleurs »).