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Voitures électriques chinoises : l’Europe impose de nouveaux droits de douane

Par Eva Gomez

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Depuis le 4 juillet 2024, les modèles de voitures électriques fabriqués en Chine seront soumis à une surtaxe pour être importés en Europe. D’où vient cette décision et quelles seront les répercussions ? On fait le point.

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Les voitures électriques chinoises vont être soumises à de nouveaux droits de douane... En réaction, la Chine menace d'imposer de nouvelles taxes sur les voitures thermiques européennes. ©iStock

Depuis le 4 juillet 2024, les droits de douane vont augmenter sur les importations de véhicules électriques chinois. Cette décision, annoncée le 12 juin 2024 par l’Union européenne, survient après une enquête de 9 mois menée par la Commission européenne. L’objectif de cette enquête : déterminer si le gouvernement chinois subventionne ses constructeurs automobiles pour booster l’importation de véhicules électriques vers l’Europe. « Provisoirement, les chaînes de valeur des véhicules électriques en Chine bénéficient de subventions injustes », a conclu la Commission.

Jusqu’à 38 % de taxes supplémentaires

Afin de protéger les constructeurs européens et de favoriser les modèles Made in Europe, Bruxelles a donc décidé d'augmenter les taxes appliquées aux importations en provenance de l’Empire de milieu. Alors que jusqu’ici, les véhicules électriques en provenance de Chine étaient soumis à 10 % de droits de douane, ils subissent en moyenne 21 % de taxes supplémentaires. Des montants de surtaxes qui varient d'un constructeur à l'autre, en fonction des résultats de l’enquête de la Commission : le fabricant BYD sera ainsi surtaxé à hauteur de 17,4 %, Geely de 20 %, et SAIC (qui détient la marque MG) de 38,1 %. « Tous les autres producteurs de BEV [voitures électriques à batterie, NDLR] en Chine qui n'ont pas coopéré à l'enquête seraient soumis au droit résiduel suivant : 38,1 % », indique la Commission européenne dans son communiqué de presse.

Des discussions ont été entamées avec les autorités chinoises dans l’espoir de parvenir à un accord, sans lequel « ces droits compensateurs provisoires seraient introduits à partir du 4 juillet par une garantie (sous la forme à déterminer par les douanes de chaque État membre) », précise la Commission européenne. Mais ces droits « ne seraient perçus que si et lorsque des droits définitifs seraient imposés », ajoute la Commission. Les résultats définitifs de l’enquête de la Commission européenne seront connus en novembre 2024. D’ici là, peut-être que les discussions entre Bruxelles et la Chine auront permis de trouver un accord…

Pour l'instant, la Chine a menacé d'augmenter à son tour la taxation des voitures thermiques de plus de 2,5 litres de cylindrée, à hauteur de 25 % (en plus des 15 % appliqués actuellement).

Les marques non chinoises également dans le viseur

Cette hausse des taxes de douane s’applique également aux marques non chinoises, qui fabriquent leurs modèles en Chine : cette mesure concerne en effet tous les véhicules électriques assemblés en Chine, y compris par des constructeurs étrangers.

Il faut donc s’attendre à une répercussion de ces droits de douane sur le prix d’achat des modèles concernés. Parmi eux, l’un des modèles électriques les plus vendus en France : la Tesla Model 3, assemblée en Chine, et donc victime de cette surtaxation. Le constructeur américain vient en effet d’augmenter, au 1er juillet 2024, le prix de ce modèle best seller. Parmi les autres modèles qui pourraient voir leur prix augmenter en raison de cette mesure, on trouve la Dacia Spring, elle aussi très vendue en France, avec près de 24 000 immatriculations en 2023 (chiffres Avere-France).