Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) est entré dans une nouvelle période, avec des objectifs revus à la hausse. Une évolution qui contribue aux hausses de prix du carburant et suscite de vives réactions.
Derrière l'acronyme CEE qui peut paraître complexe, se cache en fait un mécanisme assez simple, qui a pour but d’accélérer la transition énergétique.
Créés en 2005, les CEE imposent aux vendeurs d’énergie (électricité, gaz, carburant) de financer des économies d’énergie. Le principe : l’État leur fixe des objectifs chiffrés à respecter sur plusieurs années. Pour les atteindre, ils doivent accumuler des certificats en finançant des actions concrètes : isolation de logements, remplacement de chaudières, aide à l'achat de véhicules électriques, etc.
Les économies sont mesurées en kWh « cumac » (pour cumulés et actualisés, Ndlr). Cette unité calcule les gains sur toute la durée de vie d’un équipement, ce qui permet de comparer des actions très différentes avec une même unité de mesure.
Chaque distributeur doit détenir suffisamment de certificats à la fin de chaque période d'obligation (le plus souvent, 3 à 4 ans). En cas d'objectifs non atteints, des pénalités financières s'appliquent. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce dispositif ne concerne pas seulement l'électricité ou le gaz : les distributeurs de carburant y sont également soumis depuis 2011.
Pour remplir leurs obligations, les distributeurs ont deux options : financer eux-mêmes des actions d'économie d'énergie (primes à la rénovation, aides à l'achat de véhicules électriques…) ou acheter des certificats à d’autres acteurs. Dans les deux cas, cela coûte cher. Et ce coût est largement répercuté sur le prix payé par les consommateurs à la pompe. Depuis janvier 2026, les obligations imposées aux distributeurs ont fortement augmenté. Résultat : l'impact sur le prix du carburant s'est accentué, suscitant des tensions chez les automobilistes.
Le paradoxe des CEE : ils pèsent certes sur les prix du carburant, mais ils financent aussi des aides concrètes. Depuis le 1er juillet 2025, le bonus pour l’achat d’une voiture électrique neuve repose sur ce dispositif.
Le montant du bonus varie selon la valeur des CEE sur le marché et les accords entre constructeurs et distributeurs. Dans le cadre actuel, l’aide peut atteindre 5 700 € pour les ménages les plus modestes. Dans la plupart des cas, les concessionnaires avancent directement cette aide au moment de l'achat, après avoir conclu un accord avec un fournisseur d’énergie.