Depuis leur arrivée sur les routes françaises, les radars tourelles ont profondément modifié le paysage du contrôle automatisé. Capables de relever des excès de vitesse dans les deux sens de circulation, et selon leur implantation et leur paramétrage, de détecter les franchissements de feux rouges, ces appareils reposent sur une technologie infrarouge qui leur permet, dans la plupart des configurations actuelles, de fonctionner sans flash visible. Un choix assumé à l’origine, mais qui interroge aujourd’hui les pouvoirs publics sur le plan de la prévention.
Car sans signal lumineux au moment de l’infraction, le conducteur peut ne pas se rendre compte qu’il a été verbalisé. Lorsque l’avis de contravention arrive plusieurs jours plus tard, il risque de ne pas faire le lien entre son comportement au volant et la sanction, ce qui réduit l'effet pédagogique de cette dernière.
Pour maximiser la portée pédagogique des radars tourelles, la Sécurité routière a décidé de lancer une expérimentation dans le Gard. À partir de fin janvier 2026, et pour une durée d’environ un mois, plusieurs radars tourelles du département émettront un flash lumineux visible au moment où l’infraction est constatée.
Le principe est simple : informer instantanément l’automobiliste qu’il vient de commettre une infraction, sans modifier ni les règles en vigueur ni le champ d'action des radars. Les appareils continueront en effet de relever les excès de vitesse et les franchissements de feux rouges, de la même façon qu'aujourd’hui. Un bilan sera réalisé à l’issue de cette période de test afin d’évaluer l'impact de ce changement sur le comportement des conducteurs.
L’objectif affiché est avant tout pédagogique. En voyant le flash, le conducteur peut prendre conscience sur-le-champ de son excès de vitesse et adapter immédiatement sa conduite. Le signal lumineux joue également un rôle pour les autres usagers de la route, en rappelant la présence effective du contrôle sur l’axe concerné.
Cette expérimentation dans le Gard s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’efficacité des radars automatiques. Les autorités souhaitent mesurer si le retour du flash permet réellement de renforcer l’effet pédagogique des contrôles et de favoriser une baisse durable des vitesses pratiquées. Si les résultats sont jugés positifs, d’autres départements pourraient lancer des tests similaires dans les mois à venir et un déploiement progressif à l’échelle nationale pourrait être envisagé. À l’inverse, si l’effet du flash lumineux s’avère limité, l’expérimentation pourrait rester sans suite.
Les pouvoirs publics tiennent toutefois à rassurer les automobilistes : ce retour du flash ne s’accompagne ni d’un durcissement des sanctions ni de la détection de nouvelles infractions.