Chaque kilomètre parcouru fait mécaniquement baisser la valeur d’une voiture sur le marché de l’occasion. La baisse est particulièrement marquée au début de la vie du véhicule, puis ralentit progressivement avec le temps. Les données compilées par Roole Data permettent de visualiser précisément l’impact du kilométrage sur cette perte de valeur.
Les premiers kilomètres font fondre la valeur de la voiture
La décote d’une voiture commence immédiatement après sa mise en circulation. Dès qu’elle quitte la concession, elle est considérée comme un véhicule d’occasion et sa valeur baisse instantanément.
Les chiffres de Roole Data montrent que la chute est très rapide dans les premiers kilomètres parcourus. À seulement 10 000 km, une voiture a déjà perdu en moyenne 9 % de sa valeur initiale. Cette baisse atteint 16 % à 20 000 km, puis près de 25 % dès 30 000 km.
Autrement dit, les premières années d’utilisation sont celles où la perte financière est la plus importante pour les automobilistes. En s’appuyant sur le kilométrage moyen effectué en 2024 par les voitures particulières (11 600 km), on peut estimer qu’une voiture perd un peu plus de 25 % de sa valeur en trois ans.
Pour limiter la perte financière lors de la revente, les spécialistes conseillent de conserver toutes les factures d’entretien et de respecter scrupuleusement les révisions prévues par le constructeur. Un carnet d’entretien complet constitue souvent un argument décisif pour rassurer les acheteurs.
Le cap symbolique des 100 000 km
La décote continue de progresser rapidement jusqu’à un palier très symbolique : celui des 100 000 kilomètres. Selon Roole Data, à ce niveau de kilométrage, un véhicule a perdu en moyenne près de 60 % de son prix initial.
Ce cap psychologique joue en effet un rôle important sur le marché de l’occasion. De nombreux acheteurs considèrent qu’au-delà de ce seuil, le risque d'avoir à faire des réparations importantes augmente, ce qui pèse directement sur la valeur du véhicule. Le kilométrage devient alors un critère déterminant pour départager plusieurs modèles similaires.
Une décote qui ralentit après 150 000 kilomètres
Une fois passé un certain niveau de kilométrage, la courbe de décote devient moins abrupte. Au-delà de 150 000 km, la perte de valeur ralentit progressivement. Entre 200 000 et 250 000 km, la décote totale atteint généralement 85 à 90 % du prix d’origine.
À ce stade, d’autres critères peuvent davantage influencer le prix de revente, comme l’état mécanique du véhicule ou la qualité de l’entretien. Un véhicule suivi régulièrement et disposant d’un historique d’entretien complet peut ainsi conserver une valeur supérieure à celle d’un modèle comparable moins bien entretenu.
La décote d’un véhicule ne dépend pas uniquement du kilométrage. L’âge de la voiture, la marque, la motorisation, les options ou encore la popularité du modèle sur le marché de l’occasion peuvent aussi faire varier fortement le prix de revente. Certains modèles réputés très fiables conservent ainsi une valeur plus élevée que la moyenne.
Une logique qui concerne surtout les voitures thermiques
Cette relation assez directe entre kilométrage et décote concerne surtout les voitures thermiques. Sur le marché de l’occasion des véhicules électriques, le kilométrage est devenu un indicateur beaucoup moins déterminant. Les acheteurs s’intéressent davantage à l’état de santé de la batterie (State of Health, ou SOH), laquelle constitue l’élément le plus coûteux du véhicule.
Des modèles ayant beaucoup roulé peuvent ainsi conserver une bonne valeur si leur batterie reste performante, tandis qu’une voiture peu kilométrée mais dotée d’une batterie dégradée pourra voir son prix chuter dans des proportions importantes. Une récente étude menée sur 8 000 batteries de voitures électriques montre que les véhicules électriques ayant dépassé 160 000 kilomètres présentent fréquemment un SOH compris entre 88 % et 95 %. À titre de repère, on considère généralement qu’une batterie devient nettement moins performante lorsque son SOH descend autour de 70 % de sa capacité initiale.