Après plusieurs années de stationnement payant à tarif symbolique, la municipalité des Clayes-sous-Bois tourne la page. Face à la baisse des aides de l’État et au vieillissement des horodateurs, la commune choisit un modèle plus adapté aux besoins de la population, en instaurant une zone bleue dans son centre-ville, avec 1h30 de stationnement gratuit.
Avant de trancher, la mairie a sollicité l'avis des 17 000 habitants : 1 300 Clétiens ont répondu à la consultation lancée au printemps, et 85 % d’entre eux se sont prononcés en faveur du passage à la zone bleue dans son centre-ville. « En 2018, nous avions mis en place un stationnement payant à des tarifs très bas, entre 20 et 30 centimes la demi-heure, explique le maire Philippe Guiguen. Aujourd'hui, on a fait le choix inverse de nombreuses communes en rendant le stationnement gratuit. L’objectif n’a jamais été de générer des recettes, mais de fluidifier le stationnement dans les secteurs les plus tendus, comme la gare ou le centre-ville. »
Le stationnement en zone bleue est gratuit mais limité dans le temps. Le conducteur doit apposer un disque bleu sur son pare-brise pour indiquer son heure d’arrivée. Le dépassement de la durée autorisée peut entraîner une amende forfaitaire de 35 euros.
La suppression du stationnement payant répond aussi à des enjeux budgétaires. « Nos horodateurs arrivaient en fin de vie, et leur remplacement aurait coûté près de 100 000 euros, précise Philippe Guiguen. Pour une commune comme la nôtre, qui verra ses aides de l’État disparaître en 2026, c’est un investissement disproportionné. » Le maire priorise d'autres sujets pour ses futures dépenses : « Je préfère investir ces 100 000 euros dans les écoles ou dans des projets utiles à la vie quotidienne. »
Le nouveau dispositif de zone bleue couvrira environ 250 à 300 places de stationnement, réparties dans les zones à forte fréquentation : le centre-ville, les abords de la gare et la partie ouest de la commune.
Si le dispositif payant n’avait pas toujours été respecté par le passé en raison d'une faible présence d'agents de police sur le terrain, la commune estime aujourd’hui disposer des moyens nécessaires pour faire appliquer la nouvelle réglementation. « En 2018, nous n’avions qu’une petite police municipale, reconnaît Philippe Guiguen. Aujourd’hui, nous avons créé avec la ville de Plaisir un syndicat intercommunal qui regroupera à terme une trentaine d’agents sur les deux communes. » Le renforcement des contrôles permettra de mieux surveiller les zones bleues pour assurer une rotation optimale des véhicules et ainsi éviter le phénomène de voitures-ventouses !
La municipalité profite de cette réforme pour engager une réflexion globale sur la vitesse en ville. Une consultation parallèle sur le sujet a été menée auprès des habitants, mais les résultats restent partagés. « Nous n’avons pas encore communiqué sur les résultats, car ils ne font pas ressortir de tendance nette. Le choix n’est pas encore arrêté entre une limitation à 20, 30 ou 50 km/h selon les secteurs. Nous proposerons ce qui s'approchera le plus de l'avis exprimé par la majorité. »