Et si, au lieu d’une amende, les automobilistes recevaient un mot de prévention ? Depuis juillet 2025, la commune de Lévignac, en Haute-Garonne, a choisi de privilégier la pédagogie face aux stationnements gênants. L’idée : rappeler les règles de circulation et de stationnement tout en misant sur la responsabilisation des conducteurs. « Nous sommes une petite commune de 2 300 habitants, sans police municipale, ni ASVP ou garde champêtre, nous explique Stéphane Charpentier, maire de Lévignac. Face à certaines incivilités récurrentes, notamment le vendredi, jour de marché, où des véhicules se garent n’importe comment en gênant poussettes, personnes âgées et piétons, nous avons voulu mettre en place un support papier pour avertir les contrevenants. »
Surnommé « police de la bienveillance », le dispositif repose sur la distribution de flyers colorés, déposés sur les pare-brises des véhicules mal garés. « Ce sont les élus eux-mêmes qui s’en chargent. Ils en gardent toujours quelques exemplaires dans leur sacoche et les utilisent lorsqu’ils constatent un stationnement gênant », précise le maire.
Le ton y est volontairement positif, presque complice : « La prochaine fois, je prends 5 minutes de plus pour trouver une place, je respecte ainsi les droits de tous les usagers, j'économise 135 euros d'amende. » À travers ce message, la commune entend sensibiliser plutôt que sanctionner. Le flyer rappelle les fondamentaux du Code de la route : les trottoirs sont réservés aux piétons, les places PMR aux personnes en situation de handicap, et les arrêts de bus ou passages piétons ne sont pas des aires de stationnement, même « juste pour deux minutes ».
En cas de stationnement particulièrement gênant ou dangereux, le maire sollicite l’intervention de la gendarmerie de Léguevin, la commune voisine.
La commune recense 522 places de stationnement, dont 12 réservées aux personnes à mobilité réduite. « Les automobilistes doivent faire un effort, se stationner et faire les quelques mètres restants à pied pour rejoindre les commerces.»
Ce dispositif simple et peu coûteux commence déjà à faire parler de lui au-delà de Lévignac. Sera-t-il repris ailleurs ? « Je ne sais pas si d’autres communes vont s’en inspirer, mais en tout cas, cela a suscité leur curiosité », conlut Stéphane Charpentier.