Louer sa voiture à d’autres particuliers peut représenter un complément de revenu significatif. Selon une étude menée par la plateforme d’autopartage Turo, près d’un hôte sur trois gagne plus de 500 euros par mois grâce à cette pratique, à un moment où le budget auto des Français ne cesse d’augmenter. D’après l'étude de Roole Data publiée en octobre 2025, les automobilistes français consacrent en moyenne 416 euros par mois à leur véhicule, un montant alourdi par la hausse des prix de l’énergie, de l’assurance et des frais d’entretien. Dans ce contexte, louer ponctuellement son véhicule devient une façon concrète de regagner du pouvoir d’achat.
L’étude de Turo montre que 28 % des Français ayant mis leur voiture en location entre particuliers ont généré plus de 500 euros par mois en 2025. En moyenne, les propriétaires les mettent leur voiture en location peuvent espérer gagner 400 euros par mois. Or, une voiture reste à l'arrêt la majeure partie du temps : selon Turo, un véhicule n’est utilisé en moyenne que 7 heures par semaine. La location entre particuliers permet de transformer ces longues périodes d’immobilisation en service de mobilité. Pour les propriétaires, c’est aussi un moyen de rentabiliser leur voiture lorsqu’elle n’est pas utilisée.
Les chiffres de l'étude mettent en lumière de fortes disparités territoriales. La Corse se distingue nettement, avec des revenus moyens de 527 euros par mois et par hôte. L'autopartage y est porté par une demande touristique soutenue et une forte dépendance à la voiture. L’Île-de-France suit avec 414 euros, tandis que la Provence-Alpes-Côte d’Azur atteint une moyenne de 394 euros. D’autres régions, comme les Hauts-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou l’Occitanie, affichent des montants compris entre 329 et 338 euros en moyenne, illustrant le potentiel de ce modèle « dans des territoires où la location classique peut être moins accessible ou plus concentrée dans les grands centres », précise Turo.
Dans des régions plus rurales où le taux de possession d'une voiture est plus élevé, comme la Bretagne, la Normandie ou le Centre-Val de Loire, les revenus mensuels se situent entre 260 et 290 euros. « Dans ces territoires souvent caractérisés par des distances du quotidien plus importantes et une offre de location traditionnelle plus concentrée, la location entre particuliers permet d’améliorer l’accès à un véhicule, de faciliter les déplacements et de proposer une solution locale », estime la plateforme.
Cette tendance s’inscrit dans une stratégie nationale bien plus large. Le 4 décembre, lors de la Journée nationale de l’autopartage, le ministre des Transports Philippe Tabarot a confirmé sa volonté d’accélérer l'adoption de cette pratique. Les acteurs du secteur affirment avoir franchi, en 2025, le cap du million de Français inscrits à un service d’autopartage, soit une progression de 11,5 % en un an. Sur l’année, 185 millions de kilomètres auraient été parcourus via ces services et 13 862 voitures auraient été partagées. L’objectif fixé par le ministère est d’atteindre 70 000 véhicules en autopartage d’ici 2031, grâce à une simplification des démarches d’inscription et au déploiement de nouvelles stations dans les collectivités.
La location entre particuliers apparaît ainsi comme une alternative plus accessible que les agences traditionnelles, avec des véhicules disponibles à proximité et des démarches simplifiées. Pour les propriétaires, l’enjeu est clair : transformer une dépense contrainte qui peut dépasser 5 000 euros par an en source de revenus, tout en optimisant l’usage d’une voiture qui reste, dans les faits, très souvent immobilisée.