Périphérique parisien à 50 km/h : quels sont les premiers effets sur le trafic et la pollution ?
Nuisances sonores, bouchons, accidents, pollution... Cinq mois après l’abaissement de la vitesse à 50 km/h sur le périphérique parisien, l’Apur publie un premier bilan. Voici les principaux enseignements.

Depuis le 1ᵉʳ octobre 2024, la vitesse maximale autorisée sur le boulevard périphérique parisien a été réduite de 70 km/h à 50 km/h. Cinq mois après la mise en œuvre de cette mesure, l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) publie un premier bilan détaillant ses impacts sur la fluidité du trafic, l’accidentalité, ainsi que sur les pollutions sonore et atmosphérique. Malgré un accueil très mitigé de la part des automobilistes et autres usagers du périphérique, force est de constater que la diminution de la vitesse maximale autorisée porte déjà ses fruits.
Bon à savoir
Depuis sa création en 1973, le boulevard périphérique parisien a connu plusieurs baisses successives de la vitesse maximale autorisée : fixée à l’origine à 90 km/h, celle-ci a été réduite à 80 km/h en 1993, puis à 70 km/h en 2014.
Moins d’embouteillages, moins d’accidents
Premier impact positif et pas des moindres : le périphérique est moins encombré. Selon le rapport de l'Apur couvrant la période d'octobre 2024 à février 2025, le débit de véhicules a légèrement diminué (-3 %) sur cette voie longue de 35 kilomètres, entraînant une baisse du taux d'embouteillage de 16 % par rapport à la même période l'année précédente. Il reste néanmoins difficile de déterminer si la diminution du trafic résulte d'un report massif des automobilistes vers des itinéraires alternatifs.
La baisse du taux d’embouteillage est également attribuable à la réduction de l’accidentalité : la diminution de la vitesse maximale a conduit à une baisse significative du nombre d'accidents sur le périphérique. Entre octobre 2024 et février 2025, 671 accidents y ont été recensés, contre 807 sur la même période l’année précédente, soit une baisse de 17 %. Cela contribue à une circulation plus fluide, les incidents étant une cause fréquente de congestion. Par ailleurs, la diminution de la vitesse semble avoir contribué à une conduite plus fluide, avec une réduction des variations de vitesse, des freinages brusques et des réaccélérations, limitant ainsi le stress lié à la circulation, relève l’Apur.
Moins de bruit, moins de pollution
L’abaissement de la vitesse maximale permet aussi de diminuer la pollution sonore aux abords du périphérique. « Les nuisances sonores, particulièrement la nuit, sont en retrait. Au droit du Boulevard périphérique sur le secteur de la porte de Vincennes, on mesure une baisse moyenne de -2,6 dB(A) sur les 5 mois, [passant] de 80,2 dB(A) en octobre 2023-février 2024, à 77,6 dB(A) en octobre 2024-février 2025 », lit-on dans le rapport de l’Apur.
Et du côté de la pollution atmosphérique, des améliorations ont aussi été mesurées. « Les mois d’octobre 2024 à février 2025 font apparaître une baisse de ces concentrations de -12 % pour les NO₂ [dioxydes d’azote, N.D.L.R.] et de -6 % pour les PM₁₀ [particules fines, N.D.L.R.] », souligne l’Apur. Toutefois, l’Apur appelle à une interprétation prudente de ces chiffres, rappelant que de nombreux facteurs (conditions météorologiques, saisonnalité…) influencent les niveaux de pollution atmosphérique et qu'il est difficile d'évaluer précisément l’impact isolé de la diminution de la vitesse.

Bon à savoir
D'après l'Apur, le covoiturage en Île-de-France a augmenté de 20 % en 2024 par rapport à 2023.
Prochain bilan en octobre 2025
L’Apur va continuer d’évaluer ces impacts sur le long terme, ainsi que les effets de la limitation de vitesse sur l’usage des modes alternatifs à la voiture individuelle. « Cette mesure s’inscrit dans un contexte plus large de transformation des mobilités, notamment avec le développement des transports en commun et des aménagements cyclables aux abords du boulevard périphérique », relève l’Atelier parisien d’urbanisme. Le prochain bilan sera réalisé en octobre 2025, soit un an après la mise en œuvre du « périph à 50 km/h ».