Une récente étude de Charge France, réalisée à partir des analyses du Boston Consulting Group (BCG), montre que le coût total de possession d’un véhicule électrique en Europe est plus faible que celui d’un modèle thermique équivalent. Cette évaluation inclut le prix d’achat (après déduction du bonus écologique), les frais d’usage (recharges à domicile et sur bornes publiques), les coûts d’entretien ainsi que la valeur de revente.
Dans cette analyse, la comparaison repose sur un prix du carburant fixé à 1,99 € le litre.
D'ici à 2028, 9 voitures électriques sur 10 seront plus rentables que leurs équivalents thermiques
En se penchant sur le coût total de possession sur cinq ans, le cabinet BCG constate que 75 % des modèles 100 % électriques vendus en Europe en 2025 sont déjà plus économiques que leurs équivalents à motorisation thermique, hybride ou hybride rechargeable.
Et cette tendance devrait même s’accentuer. Selon BCG, d’ici 2028, 91 % des véhicules électriques légers devraient afficher un coût total de possession inférieur à celui des leurs équivalents thermiques. Cela s’explique notamment par la baisse du prix des batteries, l’arrivée de nouveaux modèles plus abordables, et un entretien mécanique bien plus simple.
Jusqu’à 8 000 euros économisés sur cinq ans
À titre d’exemple, une citadine électrique de segment B (comme une Renault 5 ou une Peugeot e‑208) permettrait, en France, d’économiser jusqu’à 8 000 euros sur 5 ans comparé à une voiture essence équivalente. D’après cette étude, pour 13 000 kilomètres parcourus par an, il faut compter entre 350 et 500 euros d’électricité pour une citadine électrique, contre 1 200 à 1 500 euros pour son équivalent essence. L’absence de vidange, de courroie de distribution ou de système d’échappement sur une voiture électrique permettrait également d’économiser 40 % des coûts liés à l’entretien en comparaison avec une voiture thermique.
Pour des véhicules plus grands (segment D), l’étude démontre que passer d’un hybride rechargeable à un modèle 100 % électrique peut permettre de réaliser jusqu’à 1 600 euros d’économies par an, a fortiori pour un usage professionnel. Une différence significative qui confirme l’avantage économique du tout électrique, même face à des alternatives partiellement électrifiées.
L’électrique est avantageux dans tous les cas
Cette étude teste également l'intérêt relatif de la technologie électrique dans des scénarios moins favorables : recharge sur bornes publiques rapides (plus onéreuses), trajets longs, conducteurs roulant plus de 25 000 km/an. Verdict : même dans ces cas particuliers, la voiture électrique reste souvent la plus avantageuse.
Le cabinet donne un exemple : un conducteur de SUV compact qui roule 13 000 km/an atteindra le point d’équilibre avec un modèle électrique en moins de 12 mois, même s’il recharge sa voiture en partie sur des bornes rapides.
Le coût d’achat baisse, la décote aussi
Même si le coût d’achat est toujours l’un des principaux freins à l’adoption des véhicules électriques, une baisse des prix est amorcée. De nouveaux modèles arrivent sur le marché européen en dessous de 25 000 euros, comme les Citroën ë-C3, la Renault R5 ou la future Volkswagen ID.2. Ces voitures visent à rendre l’électrique accessible, même hors aides à l’achat.
En parallèle, l’écart de décote à la revente entre les voitures électriques et les voitures essence se réduit progressivement. Actuellement, une voiture électrique perd environ 8 points de valeur supplémentaires par rapport à une voiture essence similaire lors de la revente. D’ici 2035, cette différence devrait tomber à 3 points, d’après les projections de l’étude.
Une analyse similaire menée en France en 2023
Cette nouvelle étude renforce les conclusions d’un précédent rapport publié en 2023 par France Stratégie. Celui-ci chiffrait les économies à environ 1 200 euros/an pour une citadine électrique en comparaison avec son équivalent thermique. À ce moment-là, les aides de l’État étaient plus conséquentes qu’en 2025 : le bonus écologique pouvait atteindre 7 000 euros – contre 4 200 euros en 2025 – et la prime à la conversion (supprimée depuis) atteignait jusqu’à 6 000 euros. Même avec la réduction de ces aides, l'intérêt financier des voitures électriques se renforce progressivement et devrait continuer à se renforcer dans les années à venir.