Passer à l'électrique, c'est aussi apprendre une nouvelle langue. Certains de ces mots sont des anglicismes entrés dans l'usage, d'autres des images du quotidien, d'autres encore, des termes officiels publiés au Journal officiel. Tous décrivent une réalité très concrète : la façon dont on recharge, dont on range ses bagages, ou dont on partage une borne. Et cela commence par la peur la plus connue de toutes...
Traduction du « range anxiety » anglais, l'angoisse de l'autonomie désigne la peur de tomber en panne de batterie avant d'arriver. Elle est née avec les premières voitures électriques, qui dépassaient rarement 100 km avec une charge pleine, à une époque où les bornes publiques étaient rares. Mais bonne nouvelle, la France vient de franchir le cap des 200 000 points de recharge publics. Et Yoann Nussbaumer, fondateur de Chargemap, est catégorique : « Pour moi aujourd'hui, cette angoisse de l'autonomie n'existe pas. »
Une voiture électrique perd un peu de charge même quand elle ne roule pas. En cause : les systèmes qui restent éveillés, comme la surveillance de la batterie, la connectivité ou les mises à jour logicielles. On parle de consommation vampire, ou « vampire drain ». Selon Automobile Propre, elle représente généralement 1 à 3 % de batterie par jour. Ce grignotage explique pourquoi il ne faut pas laisser sa voiture plusieurs semaines au garage avec une batterie presque vide : celle-ci doit garder assez d'énergie pour continuer à alimenter la petite batterie 12 V, qui fait tourner les accessoires.
Le mot vient de l'acronyme anglais YOLO (« you only live once », on ne vit qu'une fois), qui définit bien le côté téméraire de la pratique : tirer une rallonge depuis son domicile pour recharger sa voiture garée dans la rue. Faute de borne à proximité, beaucoup s'y essaient. Mais le câble qui traverse le trottoir gêne les piétons et peut coûter de 35 à 135 € d'amende.
Le terme désigne à l'origine un véhicule laissé très longtemps au même endroit. Appliqué à la recharge, il vise une voiture qui reste branchée alors que sa charge est terminée, bloquant ainsi la borne pour les suivants. C'est l'un des premiers motifs d'agacement des conducteurs d'électriques. Pour lutter contre ce phénomène, certains opérateurs facturent désormais chaque minute passée branchée après la fin de la charge.
Contraction de l'anglais front (avant) et trunk (coffre), le frunk est le coffre situé sous le capot avant. La batterie prenant place sous le plancher, le moteur électrique libère de l'espace à l'avant. L'idée n'est pourtant pas neuve : la Coccinelle et la Porsche 911, moteur à l'arrière, en étaient déjà équipées. Un volume utile pour les câbles de recharge… ou pour mieux répartir ses bagages.
Le vehicle-to-grid, ou « véhicule-réseau », inverse le sens de la recharge : grâce à une borne bidirectionnelle, la voiture électrique renvoie l'électricité stockée dans sa batterie vers le réseau ou vers la maison quand la demande est forte. La voiture devient ainsi une batterie de stockage sur roues. Pour l'instant, la technologie reste au stade des expérimentations en France.
Vous connaissez peut-être ce procédé sous le nom de « rétrofit » : il consiste à remplacer le moteur d'une voiture thermique par une motorisation électrique. Autorisé en France depuis le 4 avril 2020, il a désormais un nom officiel : depuis le Journal officiel du 30 avril 2025, le terme à employer est « conversion électrique », et l'expression pourtant plus connue « rétrofit électrique » est désormais déconseillée.